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Association Européenne de Médecine Esthétique et de Diététique SOINS ESTHETIQUES DENTAIRES |
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GÉNÉRALITÉS
Une coutume japonaise vieille de 4000 ans du nom de "Ohaguro", propose la "décorative" coloration des dents dans un assortiment de teintes variées, allant du marron foncé au noir...
A l'apogée de la civilisation Maya les dents, limées, étaient décorées d'incrustations de jade.
Aujourd'hui encore, un sourire rouge ou orangé est considéré comme plus aimable par certaines peuplades d'endroits reculés de notre planète qui utilisent le brou de noix ou le pouvoir colorant de certaines baies arboricoles, pour atténuer la clarté et la transparence naturelle de l'émail dentaire.
Changeons de lieux et d'époque... Il suffit de rentrer dans une pharmacie : dentifrices (souvent abrasifs), produits "blanchissant" les dents encombrent les comptoirs...et sont aussi nombreux, onéreux voire inefficaces, que ceux destinés à effacer les rides, faire repousser les cheveux, perdre du poids, etc ...
LE PRINCIPE
BLANCHIR LES DENTS: COMMENT
CA MARCHE ?
Très simplement en utilisant un gel visqueux de peroxyde de carbamide (peroxyde d'urée) à 11%, 16%,ou 22%.
On utilise également avec succès le peroxyde d'hydrogène à des concentrations de 7,5% ou 9,5%.
Ce gel se décompose en présence de chaleur (à température buccale 37°C) et diffuse passivement à travers l'émail dentaire. Les premières couches de la dentine (ivoire) sont rapidement atteintes, loxydation des pigments et des colorations qui s'y trouvent et donc léclaircissement de la teinte dorigine commence.
Si cest la méthode ambulatoire qui est choisie, le gel est disposé dans de très fines gouttières en matière plastique souple réalisées sur mesure à la dimension des arcades dentaires à traiter.
L'ensemble est"enfilé" sur toute larcade dentaire comme un gant sur la main, ménageant un film actif inframillimétrique. On remarquera à ce stade de fortes similitudes sur le principe, avec les méthodes de décoloration capillaires des coiffeurs. On s'amusera de constater que ces deux professions jadis confondues ( barbier-dentiste), aujourd'hui distinctes, ont un substrat et des objectifs communs: les phanères et la modification de leur aspect.
LES INDICATIONS
L' âge
Au cours des années, les bords libres des dents s'abrasent avec la fonction, perdant la transparence de leur jeunesse. Dans le même temps, et pour les mêmes raisons, des microfêlures apparaissent, se colorent éventuellement. Tabac, café, colas et sodas en tout genre y contribuent en partie.
Avec le temps, les pulpes dentaires se rétractent physiologiquement; la proportion d'ivoire (plus jaune) sur l'émail (plus blanc) augmente, accentuée un peu plus par labrasion fonctionnelle des bords libres incisifs.
Les indices de réflexion et de réfraction de la lumière ont changés, lesthétique se trouve défavorablement modifiée , le traitement trouve là une de ses meilleures indications.
Pour ces dentures qui furent jadis plus blanches, transparentes et nacrées le blanchiment redonne, chassant le voile jaune des années, la teinte claire oubliée des temps adolescents.
On notera au passage que c'est à peu près à cet âge que les cheveux blanchissent eux...spontanément !
La génétique
Pour ceux qui présentent , même depuis l'enfance, une teinte des tissus dentaires relativement saturée, comparable à la teinte d'une personne de 20 à 30 ans de plus.
Les dyschromies dues aux TÉTRACYCLINES
Le traitement des affections laryngées par ces antibiotiques chez l' enfant, au cours du développement des dents, entraîne des colorations pathologiques dont la sévérité (étendue, profondeur, intensité) sera variable en fonction de la durée, du dosage, de la fréquence et du moment de la phase de minéralisation au cours duquel l'antibiotique s'est incorporé aux tissus dentaires.
On distingue quatre niveaux de sévérité dans ce type de discoloration.
Les indications de traitement diminuent bien entendu pour cause d'inefficacité avec la gravité du préjudice.
Les dyschromies s'établissent essentiellement dans les teintes GRIS, JAUNE, MARRON, séparément ou en proportion variable des trois, en fonction du type de Tétracyclines administré (Oxy ou Métatétracyclines). Beaucoup plus rarement on peut rencontrer des colorations avec reflet verdâtre voire carrément vertes au collet de la dent. Les dents peuvent revêtir un aspect zébré en rayures alternées, reproduisant sur les tissus la périodicité de l'incorporation du médicament.
La dyschromie médicamenteuse se superpose dans de nombreux cas à une étiologie génétique défavorable, aggravant un peu plus le préjudice esthétique. Le nombre de patients concernés par ces dyschromies ne devrait pas être en augmentation, les médecins prescripteurs étant aujourd'hui largement informés. En fait c'est surtout à la fin des années 1950 et au début des années 1960 par l'utilisation assez large et fréquente des tétracyclines dans le traitement des angines récidivantes, que l'on a généré par inadvertance, faute de recul clinique, et peut être d'autres moyens de traitement, un nombre impressionnant de lésions de ce genre.
LES CONTRE INDICATIONS
Hypersensibilité majeure au froid
Au cours du traitement, la diffusion des produits actifs s'accompagne d'une augmentation temporaire de la sensibilité de la dent aux stimulis thermiques. Par conséquent une hypersensibilité préalable constitue en soi une contre indication, à moins de la résoudre avant de débuter le traitement.
Mylolyses ,abrasions et érosions
cervicales
Très souvent, la zone de raccord entre la couronne dentaire et la racine (le collet) est le siège d'une perte de substance, dépourvue d'émail. La diffusion du gel est alors beaucoup trop rapide et trop forte, occasionnant des sensibilités rendant incommodantes voire insupportable la poursuite du traitement. Il conviendra donc au préalable de combler ces défauts avec des ciments Verre-Ionomère par exemple, afin déviter ces inconvénients.
Caries en cours d'évolution
Pour les mêmes raisons d'hyperperméabilité et de ses conséquences décrites ci- dessus, leur traitement s'impose, de toutes façons, blanchiment ou non.
Multiplicité, Volume, Complexité, Etanchéité
des obturations dentaires existantes
Assorties ou non à la teinte des dents avant le début du traitement, le gel ne blanchit que et seulement les tissus naturels car il reste neutre vis à vis des matériaux artificiels utilisés en dentisterie tels que : résines composites, ciments compomères, verre-ionomères, céramique etc
En ce sens, si une couronne céramique protège une dent, le gel ne sera efficace que sur les dents naturelles voisines. Se pose alors l'éventualité du renouvellement de cette prothèse, après stabilisation des résultats du traitement.
Le même raisonnement s'applique pour les dents aux multiples réparations. Il faut prévoir avant de traiter que la dépose et le remplacement des obturations, est nécessaire à l'obtention d'un résultat convenable.
C'est d'ailleurs cette dernière manipulation, longue, fastidieuse, à la mesure du nombre et du volume des reprises à envisager qui nous fait déconseiller le traitement dans ces conditions.
Allergie au peroxyde de carbamide ou d'hydrogène
Femmes enceintes
En vertu du principe de précaution, bien que le gel ne soit pas censé être déglutit, aucune étude n'a démontré son innocuité pas plus que sa toxicité pour le foetus dans le cadre d'une utilisation "normale" respectant le mode d'emploi.
Procédure"standard"
de blanchiment ambulatoire
répondant à 90% des indications courantes
sur dents vivantes:
Phase 1: Au cabinet dentaire
Observation clinique...
Bilan radiographique si nécessaire.
Dépistage, reconnaissance des contre indications relatives et absolues.
Planification de la résolution des obstacles au traitement dont la réfection de certaines obturations, mylolyses, abrasions etc...
DÉTARTRAGE MINUTIEUX & POLISSAGE DES SURFACES DENTAIRES
Dans l'hypothèse ou tous les voyants sont au vert (absence de caries à traiter, d'obturations à refaire...), on procède à la prise d'empreinte des dents à blanchir. Ces empreintes seront coulées en plâtre au laboratoire; sur la réplique des mâchoires et des dents ainsi obtenue seront confectionnées par thermoformage et ajustées selon des critères précis, des gouttières en matière plastique souple et transparente de 0,5mm dépaisseur environ.
Phase 2: Au cabinet dentaire
Essai et contrôle de l'adaptation des gouttières, tout particulièrement vis à vis de la gencive marginale
Délivrance par le praticien d'un coffret contenant le nécessaire au traitement, dont le gel actif.
A ce stade, en fonction des données cliniques, de ses connaissances et de son expérience, le praticien aura choisit la concentration qui lui semble la mieux adaptée à l'obtention des résultats souhaités. II se sera entretenu avec son patient de la préférence de ce dernier en faveur d'un traitement ambulatoire diurne ou nocturne.
En effet des résultats semblables sont indifféremment obtenus par 10 nuits successives de 7 heures au peroxyde de carbamide ou bien 30 minutes matin & soir pendant 9 jours au peroxyde d'hydrogène.
Phase 3: Phase ambulatoire
Le patient détenteur des produits, des gouttières, de linformation et des conseils reçus au cabinet dentaire a commencé le traitement. Un contrôle sera effectué à 48h au cabinet afin d'évaluer les résultats déjà obtenus, d'ajuster les concentrations, de prendre l'éventuelle décision despacer les séances selon les sensibilités. On en profitera pour vérifier la bonne tolérance de la gouttière par la gencive marginale, et l'observation du mode demploi et des conseils.
Procédure pour dents dévitalisées
Quelque soit lorigine et le motif entraînant le traitement radiculaire (choc traumatique, carie profonde) celui ci saccompagne inéluctablement dune hémorragie par rupture vasculaire du parenchyme pulpaire. Livoire dentaire (dentine) étant structuré de façon canaliculaire la diffusion et la dégradation de lhémoglobine en billirubine dans les canalicules est responsable de ces teintes saturées jaune, marron, noirâtre, et même violacé.
Le traitement ambulatoire donne des résultats satisfaisants, surtout si lon a pris la précaution de dégager lorifice de trépanation de lobturation quil comporte. Ce faisant, la surface déchange chimique sera très augmentée,et le gel, côté orifice de trépanation sera en prise directe sur la dentine tubulaire sans être "freiné" par lémail (éliminé par fraisage à cet endroit lors du traitement de canal.). Il va de soi quaucune sensibilité au froid nest à craindre puisque la dent est dévitalisée.
Un traitement complémentaire au cabinet dentaire est possible; on utilise des produits semblables mais dont les concentrations supérieures nen autorise pas la manipulation ambulatoire à domicile par le patient. Les dents sont placées sous champ opératoire étanche (vis à vis des gencives), on fait alors agir sur le gel un rayonnement issu dune lampe halogène, plasma, ou bien Laser Diode, le but étant dobtenir une élévation de la température locale, donc la décomposition du gel et partant le blanchiment.
Très souvent au delà des espérances des patients qui trouvent le phénomène "magique". Cependant, la variabilité individuelle de la perméabilité de lorgane dentaire, indépendante de lâge du sujet, reste un paramètre objectivement inévaluable avant initiation du traitement. En fin de traitement, les dents devenues légèrement opaques, le blanchiment est à son maximum. Elles vont reprendre leur translucidité, leur naturel nuancé et vivant; les nouveaux gels donnent même la perception dune transparence nacrée du meilleur effet au plan esthétique et très apprécié de la gente féminine.
La durée du blanchiment est de une à deux années. Néanmoins, afin de maintenir une relative permanence des résultats, il est conseillé "dentretenir" son blanchiment par le port à intervalle régulier des gouttières. La plupart du temps, une nuit ou bien, deux fois trente minutes (selon le gel ) tout les six à huit mois, suffisent à donner satisfaction ce qui reste une contrainte très facilement acceptée.
CONCLUSIONS
Cest à la technique ambulatoire et au conditionnement sous forme de gel que lon doit la simplification des procédures et la fiabilisation des résultats. Elle aura permis en quelque sorte une "démocratisation" de ces traitements, et donc l'ouverture de ce "marché". Il y a quelques années encore "se faire blanchir les dents" était synonyme de longues, fastidieuses et donc pénibles séances sur le fauteuil du dentiste, générant un coût élevé. Les dents biens blanches et un sourire éclatant étaient un privilège réservé à une clientèle socialement située, le plus souvent, dans les médias ou le show business.
Quant au praticien, ce nest pas sans plaisir quil peut aujourdhui proposer de faire du rêve de son patient une authentique réalité. Lamélioration de lesthétique et de limage du patient se réfléchit sur cette profession qui en a grand besoin, tant est lourde et tenace dans linconscient collectif, la douloureuse réputation qui nous précède.
Docteur Jean- Marc DELPIT
Chirurgien-Dentiste