A.E.M.E.D.
Association Européenne de Médecine Esthétique
et de Diététique

MEDECINE
DOUCE
Mme Martine HULOT  La gestion du stress par la relaxologie appliquée
Dr Christian GIRARD  Contribution de l'organothérapie et de l'opothérapie diluées
et dynamisées aux déreglements hormonaux féminins
Dr Bérengère ARNAL  Mademoiselle, Madame, si vous arrêtiez de fumer, le nombre
de cancers diminuerait de 35 % !


FACE AU "DISTRESS" UNE REPONSE :
LA GESTION DU STRESS PAR LA RELAXOLOGIE APPLIQUEE


© MadameMarie Martine HULOT
Professeur et relaxologue -Praticien diplômée en relaxologie appliquée
Membre de la Fédération Européenne de Relaxologie

Face aux nombreux méfaits du stress mal géré ou distress, il existe une solution peu connue , résultats d'années de recherche : LA RELAXOLOGIE APPLIQUEE. Cette discipline regroupe différentes techniques telles que:

Cette méthode qui permet de transformer les états négatifs en état dynamisants et apaisants et donc de gérer le stress fera l'objet de prochains articles détaillés. Le grand intérêt de cette méthode réside en fait dans l'intégration au quotidien d'un nouvel art de vivre. J'ai découvert ces techniques dans la première école de relaxologues de France et je pense que c'est le moment ou jamais de faire mieux connaître ce qui est une réponse parfaitement adaptée au besoin de la majorité des gens devant les nombreuses situations stressantes que nous devons affronter chaque jour et qui fait du "distress" le mal du siècle.

Mais qu'est ce donc que ce mal dont tout le monde parle sans vraiment le connaître ?

Plus que jamais l'être humain est contraint de s'adapter non seulement aux divers soucis de la vie quotidienne mais encore à l' environnement agressif ( bruit, embouteillages, transports, pollution à plusieurs niveaux etc...), au rythme de vie accéléré, à l'insécurité professionnelle ( et citadine ), à la compétitivité etc...

A tout cela s'ajoutent des frustrations, une mauvaise hygiène de vie (nutrition, sport, sommeil perturbé etc...) ce qui entraîne des difficultés relationnelles qui viennent alimenter le "distress". Si on ajoute à cela les nombreux changements qui jalonnent la vie des individus tels que : deuils, divorces, déménagements, mutations, départ des enfants, retraite, chômage etc... comment s'étonner que le corps ( et l' esprit ) soumis à de constants efforts d'adaptation ( stress ) réagissent et agissent l'un sur l'autre, provoquant par la même une dépense excessive du capital énergie santé de chacun; capital qu'il semble indispensable d'apprendre à gérer aujourd'hui plus que jamais.

Pour prendre conscience de l'importance de la gestion du stress il est utile je pense de rappeler brièvement les découvertes du savant canadien Hans Selye à qui nous devons la plupart de nos connaissances sur ce phénomène. Le STRESS ( à ne pas confondre avec l'agent stressant ) est la réponse d'adaptation de notre organisme à toute agression; elle sera du même type et déclenchera le S.G.A. ( syndrome général d'adaptation ) quelle que soit le type d'agression: physique, psychique ou émotionnelle. Ce S.G.A. met en jeu dans tout l'organisme des mécanismes de défense et des réactions spécifiques par l'action de l'ordinateur hypothalamus. Le système sympathique est sollicité dans les situations d'urgence et provoque la sécrétion d'hormones; ainsi l'adrénaline provoque aussitôt une accélération du rythme cardiaque, une hausse de la tension etc... En situation de stress chronique ( par exemple quand on "prend sur soi" et que l'on rumine ... ) c'est l'hypophyse qui est sollicitée sécrétant l' A.C.T.H qui va stimuler les cortico surrénales qui sécrètent à leur tour le cortisol ( cortisone ). Dans les deux cas il y a tension et il est nécessaire d'utiliser cette énergie dans la réponse : La Lutte ou La Fuite comme l'a très bien démontré le Professeur LABORIT dans le film "Mon oncle d'Amérique" et si une action n'est pas possible il faut pouvoir passer de la tension au relâchement ... faute de quoi se manifestent de nombreux troubles fonctionnels tels que gorge nouée, palpitations, douleurs gastriques, troubles intestinaux ( colopathies ) lombalgies, insomnies, psychasthénies etc... sans oublier les signes avant coureurs de la dépression : l'apathie, l'irritabilité, la nervosité, l'anxiété etc... Ce dont il est capital de prendre conscience c'est que si l'on ne prend pas l'habitude de relâcher la tension pendant la première phase dite "phase d'alarme" où l'on voit apparaître les premiers signes, l'organisme va entrer dans la " phase de résistance " pendant laquelle il va fournir un gros effort pour maintenir l'homéostasie ( équilibre des fonctions de l'organisme ) en utilisant le capital énergie de l'individu. L'organisme va entrer alors dans la phase dangereuse d'épuisement après un certain temps. Ce laps de temps variera d'une personne à l'autre car le seuil de résistance au stress est individuel étant considéré que nous avons tous besoin d'une "certaine" dose de stress pour vivre. C'est dans la phase d'épuisement que vont apparaître des troubles organiques tels que les troubles cardio vasculaires et l'hypertension chez les hyper-actifs et les ulcères par exemple chez les "faux calmes" qui ont tendance à ruminer. C'est aussi à ce stade qu'apparaissent les dépressions nerveuses. Il faut ici noter que le professeur Robert ADER a mis en évidence avec les chercheurs de l'INSERM le fait que les globules blancs sont munis en surface de capteurs chimiques sécrétés par les neurones. Cela explique la baisse des défenses immunitaires en cas de tensions importantes et prolongées. Des études aux U.S.A. ont mis en valeur le pourcentage nettement supérieur à la moyenne de femmes qui développaient un cancer du sein dans l'année suivant leur divorce et une recrudescence de maladies infectieuses chez les étudiants ayant passé des examens importants et donc sous "distress".

S'il reste évident que les médicaments sont indispensables pour soigner les symptômes, le temps n'est il pas venu enfin de se demander comment rendre "transitoire" la prise de médicaments, tranquillisants et somnifères surtout , qui rendent dépendants sans permettre de résoudre les vrais problèmes en faisant face à la réalité grace à l'acquisition d'un nouveau comportement ( techniques de gestion du stress ) ou si besoin à une psychothérapie.

En proposant des outils et des stratégies autres que les médicaments à long terme, la RELAXOLOGIE APPLIQUEE permet à l'individu de devenir plus responsable de sa santé, de sa vie, et lui permet aussi de redécouvrir son potentiel, sa créativité en calmant le mental. On sait que personne ne peut échapper au stress qui fait partie de la vie. D'autre part il a été démontré qu'une minorité seulement de la population possède un équilibre personnel assez solide pour faire face à toute situation sans tension excessive et la sagesse d'avoir un comportement plus raisonnable ( par exemple face au surmenage ). Il semble plus qu'utile, que les victimes du stress mal géré puissent être informées sur les possibilités de résoudre le problème. C'est pourquoi j'ai créé des stages et ateliers au cours desquels il est possible de faire le point sur ses prédispositions personnelles au "distress", de par son tempérament, sa vie personnelle, relationnelle et professionnelle grâce à des tests personnalisés; ainsi devenu conscient de son seuil de tolérance et de ses erreurs la personne est motivée pour intégrer au quotidien des techniques permettant de gérer ses tensions et son énergie. Elle sera parfois amenée à procéder à quelques changements dans certains domaines de sa vie afin de retrouver enfin un équilibre, un mieux être et une meilleure santé. L'une des techniques enseignées en relaxologie et considérée par le Pr Jacobson comme une branche de la médecine et considérée comme un mode de vie est la RELAXATION qui fera l'objet du prochain article. Dans cet article j'exposerai ce qui se passe physiologiquement et psychiquement quand on est plongé dans cet état très agréable ainsi que tous les bienfaits que l'on peut en tirer à différents niveaux et qui ont été scientifiquement prouvés, entre autres, par l'électrophysiologie.




CONTRIBUTION DE L'ORGANOTHERAPIE ET DE L'OPOTHERAPIE DILUEES ET DYNAMISEES AUX DEREGLEMENTS HORMONAUX FEMININS


© Docteur Christian GIRARD

Devant les effets secondaires notamment sur le poids, ( incidents devenus plus rares depuis l'avènement des progestatifs nor-prégnanes car ils sont le fait soit de prescriptions injustifiées chez des femmes ayant déjà des facteurs de risque génétiques ou métaboliques à la prise de poids ) la prescription d'un traitement hormonal chimique de substitution ou de complément pose parfois un problème; aussi l'utilisation de l'organothérapie nous a-t-elle parue intéressante.

Méthode thérapeutique qui vise à traiter un organe ou un tissu déficient par l'administration d'organes ou de tissus homologues, les remèdes sont préparés à partir d'organes frais, de glandes, de tissus ou d'hormones prélevés chez l'animal ou l'embryon reconnu sain. Ils font l'objet d'un contrôle et d'une méthode de fabrication parfaitement définis.

Les remèdes se présentent sous forme simplement diluée en règle au 5ème ou diluées et dynamisées ainsi qu'on le pratique pour la préparation des remèdes homéopathiques ; en effet les bouillies cellulaires fraîches bien connues pour leur exploitation dans certains pays, comme la Suisse ou la Roumanie, sont interdites en France. On pourra donc disposer d'ampoules ou de flacons buvables, de granules ou de doses qui peuvent être délivrés à partir de la première décimale (1 DH) en trituration et de la 3ème décimale (3 DH) en dilution.

Pour les prescrire, on considère que les basses dilutions stimulent l'organe ou la fonction sécrétrice de la glande considérée. Inversement, les hautes dilutions les freinent, avec un effet régulateur au niveau de la 9ème centésimale (9 CH).

Partant de ce principe :

L'intérêt d'utiliser des formes diluées et dynamisées réside également dans le fait que nous disposons non seulement d'extraits d'organes, mais aussi de dilutions d'hormones et, particulièrement dans le cas qui nous intéresse, de dilutions de stimulines hypophysaires que l'on ne peut envisager d'utiliser aisément en pratique courante et à un moindre coût.

Selon le principe du feed back, à une baisse du taux sanguin hormonal répondra une sécrétion accrue de stimuline hypophysaire qui peut atteindre des taux importants et l'on peut considérer que cette augmentation peut avoir des effets délétères au moins aussi pernicieux que ceux consécutifs à la chute de l'hormone elle même :

Quelques exemples de prescription :

A la puberté et chez la jeune fille, si le cycle est irrégulier l'objectif sera de stimuler les ovaires et de freiner l'hypophyse :

Dans le cas où les troubles débutent vers le 15ème jour du cycle on peut conseiller une prise de 1 dose de Lutéïnum 15 CH et de Folliculinum 15 CH les 10ème et 11ème jour en plus des 15ème et 16ème jour du cycle.

Ce schéma peut être proposé jusqu'à la ménopause, ensuite il laisse place au traitement substitutif classique. On pourra éventuellement proposer en association une modération de la sécrétion hypophysaire par une prescription quotidienne de F-S-H 15 CH (5 granules une ou deux fois par jour). On peut lui adjoindre un remède plus spécifique (en fonction de la similitude) en cas de bouffées de chaleur.

En cas de pathologie plus lourde, par exemple : de myomes ou de kystes ovariens, en parallèle à la prescription justifiée de progestérone, celle de T-S-H 15 CH améliore l'efficacité du traitement allopathique, permettant d'en réduire les doses et par là les effets secondaires notamment sur la prise de poids trop souvent concomitante.

La complexité et la délicatesse des processus, tellement fins, de régulation hormonale, font que, bien qu'appréhendant cliniquement ses dysfonctionnements on n'en retrouve que rarement une concrétisation dans les dosages sanguins. Il est malgré tout nécessaire de recourir à ces examens spécialisés surtout si les troubles cliniques sont importants ( avortement spontanés à répétition, infertilité ...) et que ces anomalies hormonales peuvent être secondaire à une endocrinopathie non primitivement gonadique. Cet état de chose mérite que l'on considère, pour les influencer, l'organothérapie et l'hormonothérapie diluées et dynamisées pour obtenir un dosage précis de l'effet recherché, dans tous les cas dénuées d'effets secondaires délétères.



Mademoiselle, Madame, si vous arrêtiez de fumer,
le nombre de cancers diminuerait de 35 % !

© Dr Bérengère ARNAL
Gynécologie médicale et Obstétrique

...les plantes ne sont pas toutes bonnes pour la santé ...

 LE TABAC TUE !

La mortalité attribuée au tabac (10 à 12% des décès) est équivalente à celle liée à l'alcool, aux drogues, aux accidents et aux suicides réunis : en 1991, on a recensé 65 000 décès par tabac dont 7 000 femmes, 32 000 par cancers, 22 000 par maladies cardio-vasculaires, 6 000 par affections respiratoires, 5 000 par causes diverses.

Les hommes et les femmes qui fument, s'exposent, ils le savent, à un risque accru de contracter une bonne vingtaine d'affections dont la plupart sont incurables et mortelles.

Le sujet du jour n'est pas de faire un article général de plus, sur le tabac, mais de préciser quels sont les effets spécifiques du tabac sur la sphère gynécologique, et de faire des propositions de traitements phytothérapiques, en complément des techniques habituelles de sevrage (ces dernières ne seront pas développées) et en curatif de certains effets secondaires.

LES FEMMES ET LE TABAC

L'écart entre le nombre de fumeurs et de fumeuse diminue de façon impressionnante. La consommation du tabac diminue chez les hommes depuis quelques années, alors qu'elle continue à augmenter chez les femmes. Celles-ci sont la nouvelle cible privilégiée des publicités des marchands de cigarettes. L'industrie du tabac crée des marques spéciales en utilisant des couleurs, des formes et des noms, tendant à donner l'impression que fumer procurera aux femmes, succès, jeunesse et minceur... Le désir de rester mince et la peur de grossir au moment du sevrage sont des motivations essentielles à l'initiation puis à la poursuite du tabagisme.

Il ne faut pas hésiter à citer les chiffres : 3 femmes sur dix fument, on retrouve plus de 50% de fumeuses entre 15 et 25 ans, plus de 40% de 25 à 35 ans et moins de 20% de 45 à 55 ans. La consommation de cigarettes est davantage le fait des catégories sociales les plus favorisées chez les femmes.

Près de 500 000 femmes meurent dans le monde, chaque année, des suites du tabagisme. Lorsque le grand nombre de jeunes femmes qui fument aujourd'hui, atteindra la cinquantaine, on peut prévoir qu'une sur quatre sera tuée par le tabac. Celles qui mourront avant l'âge de 70 ans, auront perdu en moyenne 22 années par rapport à leur espérance de vie.

Certains problèmes de santé liés à la consommation de tabac, sont particulièrement graves chez les femmes, qui seraient plus sensibles à la toxicité du tabac que les hommes. A tabagisme égal, les risques de cancer du poumon, d'ostéoporose, de vieillissement cutané, paraissent nettement majorés. Les facteurs prédisposants particuliers pourraient tenir aux différences morphologiques (poids, taille, capacité pulmonaire), à la précocité du début du tabagisme féminin, à sa consommation maximale dans les 30 premières années, et aux différences d'imprégnation hormonale.

 LE GYNECOLOGUE, LA FEMME ET LE TABAC

Le rôle du gynécologue (comme celui de tout médecin) est important, l'ensemble de la clientèle est concernée, de l'adolescente à la femme ménopausée. La prescription de contraceptifs oraux et de tout traitement hormonal doit s'accompagner d'une information sur les risques liés au tabac, sur les moyens d'arrêter, sur l'exhortation à arrêter de fumer (ou à moins fumer) et sur l'orientation vers des confrères susceptibles de les y aider.

TABAC et ADOLESCENCE

L'âge de la première cigarette diminue chez la femme. Une étude faite en 89, montrait que 20% des jeunes filles de 6ème fumaient régulièrement. La fréquence du tabagisme est supérieure chez les jeunes filles de moins de 15 ans, à celle des garçons du même âge. La majorité des jeunes filles qui viennent demander une prescription de contraceptif oral, fume déjà. Il faudrait presque pouvoir leur refuser la pilule lorsqu'elles fument plus de cinq cigarettes par jour.

 TABAC et ACTIVITE GENITALE

Il existe une fréquence plus grande des cancers du col de l'utérus, avec une influence aussi importante du tabagisme passif qu'actif. Le tabac se comporte comme un co-carcinogène, la virulence des papillomavirus étant majorée par la nicotine. Des lésions pré-cancéreuses du col apparaissent chez 88% des femmes qui fument au moins 40 cigarettes par jour.

L'information est récente, la risque de cancers du sein est augmenté, la tumeur survient huit ans plus tôt que chez les abstinentes.

Les dysménorrhées sont plus fréquentes. Les infections gynécologiques, notamment à chlamydiae, sont facilitées, on connaît le risque de stérilité tubaire qui leur est associé.

 TABAC et CONTRACEPTION

Nul n'ignore la possibilité de thrombose sous pilule (phlébite, embolie), d'autant plus, s'il existe déjà un risque vasculaire ou métabolique tel qu'un diabète ou une hyperlipidémie. Les infections sous stérilet sont majorées. Les complications lors de l'IVG, par le RU 486, sont beaucoup plus fréquentes, c'est la raison pour laquelle sont exclues du protocole, non seulement les fumeuses, mais aussi les femmes ayant arrêté de fumer depuis moins de deux ans. Et ne faudrait-il pas exclure du protocole, les femmes exposées au tabagisme passif ?

 TABAC et FERTILITE


Les données expérimentales ont montré que la concentration en nicotine dans la glaire cervicale est élevée et gêne la mobilité des spermatozoïdes, celle dans le liquide utérin est 10 fois plus importante que celle du plasma. On conçoit aisément que la fertilité soit perturbée.

Le délai d'obtention d'une grossesse est plus long, les grossesses extra-utérines sont plus fréquentes, les fausses-couches spontanées aussi, par perturbation de la nidation due à la nicotine ou par anomalie du caryotype. Deux fausses-couches spontanées sur dix, seraient liées au tabagisme. On note une moindre taux de réussite des grossesses par fécondation-in-vitro.

Selon les données de l'OMS, sur 100 femmes stériles, plus de 41% sont fumeuses.

 TABAC et GROSSESSE

Chez la femme enceinte, le risque d'hypertension artérielle est augmenté, celui de toxémie gravidique l'estaussi , en cas d'antécédents d'hypertension artérielle. Des perturbations placentaires montrent une maturité trop précoce par accumulation de cadmium et carence en zinc, ce vieillissement prématuré du placenta (équivalent à un terme dépassé) peut entraîner une mort foetale in utéro. Cette anomalie est décelable par échographie.

Il existe un risque plus élevé de placenta praevia et d'hématome rétro-placentaire. Les hémorragies de la délivrance sont plus fréquentes.

Chez le foetus, l'usage du tabac par la mère, ou le séjour prolongé en milieu tabagique, provoquent une souffrance par hypoxie et par une baisse du débit sanguin dans le placenta. Ces perturbation sont liées à la présence d'oxyde de carbone et de nicotine qui franchissent la barrière du placenta, et à l'existence d'un déficit protéique.

Chaque bouffée de cigarette provoque une accélération instantanée de la fréquence cardiaque qui augmente de 5 à 40 battements par minute, et ceci pendant 20 minutes. Pendant la grossesse, lorsque la femme est en train de fumer, on peut noter par échographie, l'arrêt de tout mouvement du foetus en raison de l'hypoxie.

Le risque de prématurité est de 20%. Le développement de l'enfant est ralenti, son poids de naissance est inférieur à la normale de 200 à 300 grammes, cette hypotrophie est directement proportionnelle au degré d'intoxication de la mère. Il existe une carence foetale en zinc et en certains acides aminés.

Le risque de malformation n'est lui, pas augmenté. On note plus fréquemment un strabisme convergent chez les enfants nés de mère fumeuse et ce, d'autant plus que leur poids de naissance est inférieur à 2500 grammes.

La mortalité périnatale est augmentée ainsi que les infections respiratoires néo-natales.

Le tabagisme passif du nourrisson est prouvé par les dosages de nicotine et de cotinine dans les cheveux du bébé avant le 3ème jour de vie. A la naissance, on a trouvé un taux élevé d'immunoglobulines E sériques dans le sang du cordon, qui pourrait expliquer une susceptibilité ultérieure plus importante à l'asthme. On a trouvé également, des traces de 4 amino biphényl, substance présente dans la fumée de cigarette et dont le pouvoir cancérigène au niveau de la vessie est connu.

L'arrêt du tabac est fortement conseillé pendant la grossesse, ainsi que pendant l'allaitement, mais il faut faire attention qu'il n'y ait pas persistance d'une grande consommation de café, (comme c'est souvent le cas chez la fumeuse) car la caféine en excès est aussi une cause de prématurité avec naissance de bébé de faible poids. On sait que l'hyper consommation de café, très souvent liée au tabagisme, continue en moyenne 26 semaines après l'arrêt du tabac.

 TABAC et ALLAITEMENT

L'usage du tabac est interdit. La nicotine est éliminée dans le lait et se trouve absorbée par la muqueuse buccale du bébé. Si la mère fume plus de vingt cigarettes par jour, le nourrisson peut souffrir de vomissements et de diarrhée par intoxication à la nicotine, il y aurait parfois, risque de mort subite et de convulsions.


 TABAC et NOURRISSON

Le risque de mort subite du nourrisson est multiplié par deux si la mère fume. On ne sait pas si cette fragilité est due au tabagisme passif subi dès la naissance, ou si elle a déjà été acquise pendant la grossesse, durant laquelle la future mère fumait.

On note souvent une altération de l'audition à la naissance. Les infections ORL sont nettement plus fréquentes chez les enfants dont un ou les deux parents fument : otites, infections respiratoires, bronchiolite (80% de risque contre 8,5% chez des enfants non soumis au tabagisme passif).

 TABAC et ENFANT

Les enfants opérés des végétations ont plus fréquemment un parent fumeur. La fréquence des maladies respiratoires est de 14% si un parent fume, de 29 % si les deux fument, de 43% si plus de 45 cigarettes sont fumées au domicile.

Les enfants soumis au tabagisme passif ont une capacité respiratoire abaissée d'environ 7%. Il y a aggravation de la fréquence et de la sévérité de l'asthme. On note une augmentation de 63% des admissions en réanimation des enfants asthmatiques dont les parents fument.

L'enfant présenterait plus fréquemment des troubles du comportement du type : anxiété, désobéissance, tendance conflictuelle vis-à-vis de son entourage.

Un étude a montré que le risque de leucémie ou de lymphome était de 30% plus élevé chez les enfants, dont la mère a fumé pendant la grossesse. Mais la même proportion a été retrouvée chez les enfants de mère non-fumeuse, dont le conjoint fumait. Les chercheurs n'incriminent pas le tabagisme passif subi par la femme enceinte et son foetus, mais évoquent la possibilité d'altération du matériel génétique apporté par les spermatozoïdes.

 TABAC et MENOPAUSE

L'âge de la ménopause est avancé d'un ou deux ans. Il y a augmentation du risque d'ostéoporose, la perte osseuse est déjà plus nette chez les fumeuses avant même la ménopause. Le phénomène s'accentue avec la disparition de la synthèse des oestrogènes. La poursuite du tabagisme après la ménopause annule l'effet protecteur du traitement hormonal substitutif, quant au risque de fracture du col du fémur.

TABAC, VIEILLISSEMENT et ESTHETIQUE

Les dommages esthétiques consacrent la fragilité des tissus féminins devant l'imprégnation tabagique.

Les altérations vasculaires périphériques induites par le tabagisme, à type de rétrécissement du calibre des vaisseaux cutanés, diminuent les échanges cellulaires et l'apport d'oxygène au niveau de la peau et participent au vieillissement cutané accéléré.

Le tabac induit la formation de radicaux libres, à fort pouvoir oxydant. On en connaît la toxicité dans le mécanisme de constitution de l'athérosclérose et dans la possibilité d'altérations de l'ADN, susceptibles d'être un des facteurs de la transformation néoplasique. Ces molécules sont augmentées par le stress, la pollution atmosphérique, l'exposition au soleil, l'âge, une alimentation déséquilibrée (consommation de graisses cuites ou frites)...

Ces radicaux libres ont une action spécifique à l'encontre du tissu conjonctif dermique (au niveau de l'élastine), provoquant une accélération du vieillissement et l'apparition précoce de rides. Les grandes fumeuses sont presque cinq fois plus ridées que les non-fumeuses.

Un troisième mécanisme intervient dans le processus de vieillissement, il s'agit de l'effet antioestrogénique du tabac, par augmentation de la production des androgènes, blocage de leur aromatisation en oestrogènes, et perturbation de l'interconversion périphérique des oestrogènes (estradiol).

Une influence du tabac sur l'immunité cutanée n'est pas exclue.

Le vieillissement chez la fumeuse, est accéléré : il est multiplié par deux jusqu'à cinquante paquets par an, multiplié par cinq au-delà de cinquante paquets par an, multiplié par douze au-delà de cinquante paquets par an en cas d'exposition intense au soleil. Le tabac potentialise en effet, les méfaits du rayonnement solaire sur la sénescence cutanée.

Les fumeuses de plus de 65 ans, sont plus vieilles de 5 ans par rapport à leur âge réel; elles ont de plus, une perte quantifiable des fonctions neuromusculaires essentielles, dans beaucoup d'activités de la vie quotidienne.

Elles voient apparaître, au bout d'un certain nombre d'années, des manifestations qui ne régresseront que partiellement après l'arrêt de l'intoxication tabagique. Le visage est amaigri, pâle, terne, fané, la peau devient sèche, rèche; des rides très fines "en étoile" se creusent à l'angle externe de yeux; la peau des joues devenue moins souple, jaunit et est parfois affectée par la couperose; les paupières se flétrissent; des poches se dessinent sous les yeux.

 LES CARENCES

Plus de 200 réactions enzymatiques sont perturbées au niveau cellulaire, en raison des diverses carences, notamment celles en zinc et en vitamine C. La carence en zinc, qui existe déjà au cours de la grossesse, de l'allaitement et lors de la prise de contraceptifs oraux, est majorée par le tabagisme. Les carences vitaminiques concernent les vitamines A, B9, B12, C et E. Celle en vitamine C est considérable, pouvant même générer des pathologies de type scorbut (pyorrhée du fumeur). Le besoin de complémentation en vitamine C du fumeur actif est largement supérieur à 250 mg par jour, le fumeur passif a lui aussi, besoin d'une supplémentation de 250 mg par jour.


 LE SEVRAGE

76% des médecins préconisent le patch anti-tabac, 52% l'arrêt volontaire radical; 16% une psychothérapie, 15% l'acupuncture, 13% la réduction progressive de la consommation, 7% la gomme à mâcher et 6% l'auriculothérapie. La pratique de techniques de relaxation (sophrologie, yoga...) parallèlement au sevrage, peut être envisagée.

L'homéopathie trouve ici aussi sa place, par le biais de souches spécifiques telles que : tabaccum, caulophyllum, lobelia, caladium...; de souches traitant le terrain; ou d'isothérapiques de fumée ou de cigarette.

L'APPORT DE LA PHYTOTHERAPIE
est grand, elle peut aider au sevrage, réguler le psychisme, tonifier l'organisme, permettre un drainage de tous les émonctoires, avoir une action régénérante au niveau cellulaire.

l'aide au sevrage :

Des cigarettes contenant des plantes autres que le tabac, (la lobéline tirée de la lobélie, analeptique respiratoire, l'eucalyptol tiré de l'eucalyptus, antiseptique, décongestionnant des voies respiratoires, le tussilage , stimulant respiratoire, il accroît la capacité respiratoire) sont à disposition des "ex-fumeurs", celles-ci peuvent leur permettre de ne pas se sevrer immédiatement de l'habitude du geste. Ces cigarettes sont néanmoins toxiques, en ce sens que d'une part, la lobéline présente une certaine toxicité, il ne faut pas en abuser, et que d'autre par il se dégage des produits de combustion (gaz carbonique et goudrons). Un autre désavantage est qu'elles sont difficiles à fumer en public, l'odeur qu'elles dégagent pouvant rappeler à certains, l'odeur de certains plantes dont l'usage est interdit...

La valériane, en plus de son action anxiolytique et sédative, dénaturerait le goût du tabac, une spécialité anti-tabac en contenant, existe sur le marché. L'avoine, elle, dégoûterait du tabac.

le traitement de la composante neuro-psychique

Des plantes régulatrices de l'humeur, anxiolytiques, sédatives, (beaucoup sont aussi spasmolytiques), telles que la passiflore, l'eschscholtzia, la valériane, la mélisse, l'aubépine, la camomille, le tilleul, le mélilot, la ballote, le coquelicot, le lotier... seront prescrites en fonction de l'état psychologique de chacun.

le traitement de drainage

Il doit être général et prolongé, tous les tissus, tous les organes, toutes les cellules de l'organisme sont intoxiquées. Il est possible de prescrire des plantes telles que l'artichaut, le romarin), le frêne (draineurs biliaire et rénal), la piloselle (draineur rénal), la fumeterre (draineur biliaire et rénal, spasmolytique), la mauve (régulateur de la fonction intestinale...

les plantes toniques

L'éleuthérocoque (dont on connaît les vertus antistress et adaptogène), le ginseng, la gentiane, le thé vert, le kola peuvent aider à retrouver un certain tonus physique et psychique.

le traitement des carences

Vont avoir une action anti-oxydante, les plantes à vitamine A, C et E et des molécules appelées proanthocyanidols. Elles vont procéder à un grand nettoyage cellulaire, et aider à une régénération de tous les tissus, par une action anti-radicaux libres. Les plantes riches en vitamine C sont le camu-camu (c'est la plante qui en contient le plus), l'acérola, le cynorrhodon (fruit de l'églantier, il contient des vitamines A, C et E ainsi que du zinc), l'argousier; la consommation d'agrumes et de certains légumes tels que l'ail, le persil, le cresson est à conseiller. La vitamine A (bêta carotène) est présente en grande quantité dans l' huile de palme, la carotte, le pissentit, le persil. La vitamine E (vitamine de la fertilité) se retrouve dans les huiles de germe de blé, de tournesol principalement et dans tous les germes des céréales. Le germe de blé contient en plus de la vitamine E, des vitamines A, B et C. Les proanthocyanidols, extraits du pin, du raisin ou de thé, de par leur pouvoir anti-oxydant puissant, sont des molécules promises à un grand avenir.

La levure de bière vivante est un excellent complément alimentaire, elle est la source la plus riche en vitamines du groupe B.

Le zinc doit être prescrit sous forme d'oligoéléments. Il faut privilégier dans l'alimentation, les viandes et les fruits de mer, particulièrement les huîtres, qui sont riches en zinc.

 TABAC, POIDS ET NUTRITION

L'alimentation est omniprésente dans la prise en charge du sevrage tabagique, tant est grande l'importance, l'obsession du problème du poids chez la fumeuse.

Le sevrage et le stress qu'il génère, augmentent souvent les sensations de faim et même, s'il n'y a pas de modification de l'alimentation, il y a un risque de prise de poids en moyenne de 3 kg, du fait d'un changement de métabolisme. Un bon équilibre nutritionnel est absolument nécessaire.

Les habitudes alimentaires des fumeurs (hommes et femmes) sont très nettement modifiées. Tout ceci est lié à la nicotine. Celle-ci accroît les dépenses énergétiques, diminue les apports énergétiques en agissant, non sur la quantité de calories ingérées qui est accrue, mais sur l'absorption des nutriments, du fait d'une accélération du transit gastro-intestinal. Les fumeurs ont souvent un poids inférieur à la normale, alors que leur ration calorique est proportionnellement plus élevée que celle du non fumeur.

Il est conseillé au cours du sevrage d'augmenter l'activité physique, de beaucoup boire, d'arrêter le café et l'alcool, de manger équilibré, trois fois par jour, d'élargir le petit déjeuner, d'orienter les grignotages vers des aliments peu caloriques, de réintroduire les glucides complexes et les fibres alimentaires, de diminuer la consommation des graisses, surtout saturées et d'augmenter les apports en vitamine C, E et bêta-carotène (fruits et légumes).

 CONCLUSION

Il existe une réelle contradiction entre la lutte officielle contre le tabac (Loi Evin 1991, bien mal appliquée) et les intérêts de l'Etat, le tabac rapportant 17 fois plus que la Loterie Nationale et 9 fois plus que le PMU. Mais contradiction de plus, lorsque l'Etat reçoit 1 F de taxes sur le tabac, il en dépense 3 du fait des maladies liées au tabagisme...

Le rôle du médecin (à condition que lui-même ne fume pas, 37% des médecins généralistes fument) est essentiel pour l'information de tous les fumeurs. Ce fléau est une véritable toxicomanie, (la nicotine est une drogue dure : si un héroïnomane peut s'injecter un gramme d'héroïne, un gramme de nicotine suffit à tuer 30 personnes); il touche non seulement ceux qui "consciemment" s'y exposent, mais aussi leur entourage. Le risque de pathologies liées tabagisme passif est multiplié par 2 ou 3 par rapport aux non-fumeurs. Faut-il tomber dans le rigorisme américain, voire dans une situation de prohibition, pour arriver tout au moins, à ne plus être intoxiqué par l'autre ?

La femme très jeune, jeune et moins jeune, est concernée et de plus en plus concernée. Son avenir à tous les niveaux, est en jeu, il faut l'informer, lui faire prendre réellement conscience des risques qu'elle encourt et la guider doucement, patiemment vers la voie du sevrage.

Dr Bérengère ARNAL, gynécologue-obstétricien, sophrologue, attachée à une consultation hospitalière de gynécologie en phytothérapie.


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TABAC ET LIBERTE, lettre trimestrielle d'information




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