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A.E.M.E.D. |
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ET MEDECINE DES SPORTS
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I - RAPPEL de PHYSIOLOGIE
1 - Les réserves énergétiques
La contraction musculaire nécessite une énergie : lATP, dont les réserves sont extrêmement faibles. Pour resynthétiser cette ATP, plusieurs types de nutriments sont disponibles.
Phosphocréatine,
Glycogène et glucose
Triglycérides et acides gras
La proportion dutilisation de ces 3 types de substrats dépend :
de lintensité de lexercice,
de la durée de lexercice
et du niveau dentrainement.
Pour des efforts de courte durée (moins de 2 à 3 minutes), la recharge dATP se fait en absence doxygène, en transformant :
la phosphocréatine en créatine
et le glycogène en lactate
Pour des efforts de moyenne et de longue durée ; LATP provient, en présence doxygène de la dégradation:
du glycogène - glucose
et des lipides - acides gras.
II - Alimentation des DERNIERS Jours avant lépreuve :
a - La surcompensation :
Il existe une méthode connue de nombreux sportifs pour accroitre les stocks glycogéniques : la surcompensation. La plus connue est le régime dissocié scandinave qui consiste :
6 jours avant la compétition, à réaliser successivement
3 jours de régime sans glucide avec une activité intense.
Puis 3 jours de régime hyperglucidique avec une activité légère.
On distingue deux phases dans ce processus de surcompensation :
Une phase initiale de surcompensation, dépendant de la
déplétion de glycogène
Une seconde phase dépendant de lactivation de la " glycogène-
synthétase" par linsuline, doù lintérêt du choix de glucides
rapides.
b - Résultats du régime dissocié (RDS) sur la teneur en glycogène musculaire :
Des études comparatives de Berström et Coll. donnent les résultats suivants : sur le délai dépuisement lors dexercices à puissance constante ( 75 % de la VO2 Max)
| Après régime "Normal" (N°1) |
Glycogène musculaire Durée de lexercice |
1,75 /100 g 113 minutes |
| Après la période protido-lipidique (N°2) |
Glycogène musculaire Durée de lexercice |
0,69 g / 100 g 59 minutes |
| Après la période glucidique (selon le schéma du Régime dissocié) (RDS N°3) |
Glycogène musculaire Durée de lexercice |
3,70 g / 100 g 190 minutes |
| Après la période glucidique
seulement (sans période protido-lipidique) ( N°4) |
Glycogène musculaire Durée de lexercice |
2,51 g /100 g 166 minutes |
Il est intéressant de noter quil existe une augmentation du glycogène, non seulement après le régime dissocié (RDS N°3), mais aussi après la phase glucidique (N°4) pratiquée après un régime de base rationnel et équilibré.
Les travaux de Costill confirment que :
Chez un sujet recevant habituellement 50 % dhydrates de carbone, la simple augmentation de lapport de glucides à 70 % pendant 3 jours suffit pour :
doubler la concentration en glycogène
musculaire
faire passer le temps de travail
à 75 % de Vo2 max de 114 minutes à 167 minutes.
Le régime dissocié étant souvent source deffets secondaires, je préconise en pratique :
Une phase N°1 pour agir sur la déplétion glycogénique, constituée dexercices spécifiques en intervalles courts Puis une phase dentrainement diminué, avec une charge glucidique de lordre de 1O grammes / Kg de poids corporel
On veillera au cours du régime hyperglucidique à ce que :
L apport calorique soit maintenu constant. Laugmentation de lapport glucidique, accroit le volume des repas, ce qui peut induire à court terme une sensation de satiété.
Lapport de vitamine B1, B6 et de magnésium soit adaptée.
Pour prévenir les flatulences, les colites irritatives, il est recommandé déliminer les sucres trop fermentables (haricots blancs, lentilles ) et dutiliser des condiments : noix de muscade, coriandre, cumin
Une bonne hydratation pendant cette période est également indispensable pour favoriser la mise en réserve deau, qui sera libérée au cours de lépreuve sportive.
c - Schéma N° 2 : Exemple dalimentation pour favoriser
la surcompensation des 3 derniers jours, par un régime à 70 % dhydrates de
carbone.
MATIN
pain 80 g (1/3 de baguette)
confiture 50 g (2 cuillerées à soupe)
1 /2 pamplemousse
1 fruit cuit
1 boisson ( avec ou sans sucre)
MIDI
entrée : pommes de terres avec vinaigrette 150 g
poulet ou dinde 100 g
pain 80 g
pâtes ou riz 300 g cuits + sauce tomate
salade au citron ( sans huile)
1 tarte aux fruits
SOIR
potage épais (pomme de terre , carottes... 200g)
2 oeufs ou 2 tranches fines de jambon (100g)
purée de pommes de terre ou pâtes ou riz 400 g cuits
légumes verts cuits 250g
pain 60 g
fruits cuits 300 g
Par ailleurs, lapport hydrique sera régulier dans la journée, de 1,5 litre à 2 litres par jour
Ce régime apporte 2960 calories
12 % de Protides
11 % de Lipides
77 % de Glucides
III - Composition de lAVANT DERNIER Repas
Les buts sont :
de maintenir les réserves glycogéniques
de prévenir les troubles hydro-électrolytiques
résultant de lépreuve
de prévenir lacidose métabolique induite par la
compétition .
La poursuite du régime hyperglucidique commencé depuis 3 jours, seffectue la veille au soir de lépreuve par la traditionnelle "spaghettis partie", car cest lultime repas de mise en réserve, il doit être copieux et doit donc être composé principalement de glucides à assimilation lente.
Exemple de menu :
Potage épais
Pâtes
Salade de Fruit
Riz au lait, ou gâteau de semoule , ou porridge,
2 tranches de Pain
IV - Repas PRECOMPETITIF
Principes :
Le dernier repas pris avant la compétition ne diffère
pas sensiblement du repas type "entrainement", mais néanmoins il sera
hyperglucidique, car les protides et les lipides sont de digestion lente.
Ce repas léger de 500 à 1000 kcal doit être consommé 3 à 5 heures avant
lépreuve. Ce repas doit être composé dhydrates de carbones digestibles
(céréales, pancakes, pain) et doit contenir un minimum de graisses et de protéines à
digestion lente.
Exemple de repas précompétitif :
pamplemousse sucré
un oeuf
spaghettis au beurre
yaourt aux fruits
tarte aux pommes
pain et eau
Si la compétition a lieu à 9 h, il faudra se lever tôt pour prendre vers 6 h 30 un petit-déjeûner copieux.
Si la compétition a lieu le matin vers 11 heures, le petit-déjeûner sera remplacé par un repas normal précompétitif pris à 8 h.
Exemple de Petit-Déjeûner
exemple N° 1 :
300 g ou 400 g de pâtes, de riz ou de semoule,
1 yaourt,
1 pomme ou une banane.
exemple N° 2
1 tranche de jambon maigre
3 tartines de pain + confiture,
1 verre de boisson faiblement sucrée ou un jus de fruits.
exemple N° 3
Boisson ( avec ou sans sucre selon le goût)
4 à 6 biscottes + confiture 50g
Fromage ( gruyère ou fromage de Hollande type Gouda)
Fruits cuits ou compote 300 g
V- La RATION dATTENTE
Les glucides "rapides" stimulent la libération dinsuline et lorsquils sont absorbés en grande quantité peu de temps avant le départ de lépreuve, ils peuvent induire des hypoglycémies importantes en début dexercice musculaire .
Par ailleurs, les sucres simples tels que le glucose ont un fort pouvoir osmolaire en solution. Cette propriété ralentit lévacuation gastrique, perturbe lhydratation, et peut être responsable de douleurs digestives.
En pratique, la ration dattente sera essentiellement sous forme dun apport deau
Eventuellement, la dernière prise alimentaire pourra être constituée de 100 kcal dun sucre complexe (25 g dHC), plus dune heure avant le début de lépreuve.
Il est aussi possible dans les15 dernières minutes précédant le départ, de boire 200 à 400 ml deau ou dune boisson énergétique contenant 30 à 50 g/l de glucose (3 à 5 %)
VI - Les apports PENDANT leffort
A - Variation de la glycémie pendant leffort :
Pour une activité prolongée < à 30 % de Vo2 Max
Lhypoglycémie ne survient quaprès plusieurs heures, la néoglucogénèse
hépatique pouvant assurer la fourniture de glucose .
Pour une activité entre 50 et 80 % de la Vo2 Max
Cest la classique fringale du cyclisme, elle correspond
à un épuisement des réserves glycogéniques hépatiques et à une insuffisance
de la néoglucogénèse hépatique.
Pour une activité > à 85 % de la Vo2 Max :
Lhypoglycémie peut se manifester dès le 1er quart dheure de
lactivité. Cette hypoglycémie correspond à une utilisation massive par le muscle
actif, sans que les mécanismes glucoformateurs soient capables dassurer la
production, alors que les stocks de glycogène hépatique et musculaire sont encore
élevés.
Lorigine de ce trouble se situe au niveau de la mise en route des processus hormonaux destinés à assurer
lapprovisionnement, doù la nécessité de léchauffement.
B - Effets des apports dHC sur la fatigue lors dun effort intense
Lors dun effort intense (70 % de la Vo2 max), la production dénergie à partir des HC est fournie à la fois par le glycogène musculaire et par le glucose sanguin .
Il existe au cours de leffort, un passage progressif de lutilisation du glycogène musculaire à lutilisation du glucose sanguin. Le glucose étant effectivement oxydé, contrairement à ce que lon pensait il y a quelques années.
Labaissement de la glycémie joue un rôle dans lapparition de la fatigue en ne permettant pas à la fibre musculaire de capter une quantité suffisante de glucose sanguin pour sopposer à la baisse du glycogène musculaire.
La fatigue dans ces conditions est clairement précédée par une diminution de loxydation des HC, qui elle-même est précédée par une baisse de la glycémie ( 2,5-3 mM)
Lapport de HC durant un exercice intense ( 70 % de la Vo2 Max) permet:
le maintien de la glycémie et retarde de 30 à 60 minutes
lapparition de la fatigue,
Lapport de glucose doit être dau moins de 1 g / minute,
ce qui permet de maintenir une glycémie à 5 mMol/ L .
Le choix du substrat doit se porter sur le glucose, qui est substrat privilégié pendant lexercice et cet apport exogène est effectivement utilisé au cours de leffort.
Par contre, le fructose est moins oxydé et participe moins à lépargne du glycogène musculaire.
C - En pratique, la stratégie pour maintenir la glycémie est
la suivante :
VII - Alimentation APRES leffort
a - Les objectifs :
compenser les pertes hydriques et
glycogéniques
ne pas apporter trop de sodium et délectrolytes immédiatement après la
compétition pour ne pas accentuer le phénomène dhémoconcentration
lutter contre lacidose
b - Reconstitution des stocks de glycogène
Après un marathon, le temps de récupération des stocks peut prendre de 4 à 5 jours.
Si les exercices sont programmés tous les jours, on peut observer une diminution progressive du stock glycogénique. Cette diminution ne pourra être compensée quen augmentant la ration hydrocarbonée journalière. Le sportif privilégiera les sucres rapides sous forme de sirop, tout de suite après lexercice pour provoquer une rapide et intense décharge dinsuline.
Le rythme de 2 % par heure, de restitution des réserves de glycogène, est accru par une activité physique modérée, peut être en facilitant un retour plus rapide du PH et des Lactates à des valeurs normales.
Plusieurs facteurs vont intervenir sur cette récupération glycogénique, ce sont :
Le moment de lingestion par rapport à larrêt
Le type dhydrates de carbone consommé
La quantité ingérée
c - Les étapes de la regénération du glycogène
a - Les deux phases
Deux phases peuvent être distinguées dans la regénération du glycogène musculaire
Une Phase rapide :
survenant dès larrêt de lexercice, et en rapport direct avec la déplétion glycogénique musculaire
Une Phase secondaire :
dépendant de lactivation de la glycogène-synthétase par linsuline. Elle serait plus en relation avec lapport alimentaire en hydrates de carbone.
Noter que la surcompensation ne concerne que les muscles actifs ayant présenté une déplétion lors de lexercice, elle peut atteindre de 60 à 100 % de la valeur initiale après 24 H .
b - Quantité
La stimulation de la glycogénèse après leffort
est directement liée à la quantité de sucre ingérée dans les 24 h suivant
lexercice.
Si cette quantité est insuffisante (moins de 400 à 500 g / 24 H,
la surcompensation ne pourra pas être réalisée.
A lopposé, des valeurs supérieures à 650 g / 24 H namélioreraient pas la
mise en réserve du glycogène.
c - Choix de lamidon et index glycémique
le pain et les pommes de terre entrainent une forte réponse glycémique
le riz, les pâtes alimentaires, les lentilles produisent une réponse glycémique faible
Si lexercice est journalier, le sportif privilégiera les sucres rapides sous forme de sirop (voir glucose et polymère de glucose) tout de suite après lexercice pour provoquer une rapide et intense décharge dinsuline.
La prise de glucose ou de saccharose savère plus efficace pour les stocks de glycogène musculaire que lutilisation du fructose dont le métabolisme est essentiellement hépatique.
d - Recommandations alimentaires après un entrainement pour reconstituer les stocks glycogéniques
e - Exemple pratique dapport dHydrates de carbone
Pendant leffort
Ne pas prendre de fructose
Privilégier le glucose, (vendu en pharmacie)
50 g par litre deau
et 50 g par heure (soit 1 litre à 5 % par heure)
il est en pratique difficile de boire plus de 1 litre et demi à lheure
Tout de suite après leffort
quantité et rythme
1 g / Kg de poids d HC rapides
( +- 80 gd (HC)
fin 2e heure : avoir consommé 50 g
dHC
fin 4e heure : avoir consommé 50
g dHC
choix de lhydrate de carbone rapide
jus de fruit sucré (un soda classique apportera 25 de
glucose)
barre de confiserie ( 25 g de sucre)
et du fructose pour le foie
puis le soir
On devra apporter une quantité de 250 g de glucides
pain
pommes de terre
puis pendant 24 à 48 heures, privilégier hydrates de carbone lents : riz, pâtes, lentilles
pour finalement obtenir un total post effort en 24 h de 500 - 600 g de glucides .
d - SYNTHESE des apports caloriques et hydriques APRES une intense compétition
Juste après la fin de lépreuve :
absorber 250 à 300 ml deau
type Perrier ou Vittelloise
éventuellement additionnée de 1 cuillerée à soupe de sirop de potassium.
Hydrates de carbone 1 g / kg de poids ( +- 80 g)
Après la douche
absorption de 1/2 litre de lait écrémé
Si la déshydratation est importante, continuer à absorber régulièrement tous les 1/4 dheure une boisson peu minéralisée et légèrement sucrée (jus de fruit dilué)
Avant la Fin de la 2e heure, avoir consommé : 50 g dhydrates de carbone
jus de fruit sucré (soda classique apportant 12 g de
glucose/ 100 g)
barre de confiserie ( 25 g de sucre/ 100 g)
et 1 fruit (fructose pour le foie)
Idem avant la fin de la 4e heure : 50 g dhydrates de carbone
Une demie-heure avant le dîner 1/4 à 1/2 litre deau faiblement minéralisée (Volvic, Evian, Vittel)
Au diner :
1 bouillon de légumes;
1 plat de pommes de terre 300 g cuites, salées, cuites à leau, servie-s avec un
morceau de beurre frais (15g);
1 salade verte, à lhuile et au citron avec un oeuf dur ou mollet;
2 tranches de pain;
1 ou 2 fruits mûrs et des abricots ou raisins secs (ou des pruneaux cuits si le sujet
présente une tendance à la constipation après les compétitions) ou des dattes.
Au coucher
1/2 litre de lait écrémé
Le lendemain au petit-déjeûner
1 tasse de thé léger ou de café noir léger sucré (2 ou 3 morceaux) pain 60 g ou 4 biscottes avec confiture ou miel
Dans la matinée :
1/ 4 de litre dun mélange à parties égales deau et de jus de fruits frais
au repas de midi
1 légume cru, salé, à lhuile et au citron;
1 plat de pâtes ou riz + beurre+ fromage râpé;
1 ou 2 tranches de pain;
1 ou 2 fruits crus mûrs;
1 verre de vin léger (facultatif)
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POIDS ET ACTIVITES PHYSIQUES
Mr. Denis RICHE
Les instances médicales, convaincues de l'intérêt de la pratique sportive dans une perspective de prévention des maladies cardio-vasculaires, planchent régulièrement afin de définir le niveau d'activité optimale exerçant un rôle protecteur. Leur approche prend en compte notre mode de vie de plus en plus sédentaire. Or, au cours de notre évolution nous avons acquis un incroyable bagage génétique, hérité de nos ancêtres préhistoriques, qui nous prédispose à accomplir l'Ironman d'Hawaii chaque année. C'est du moins ce qui ressort d'une récente analyse (4).
VINGT FOIS MOINS QU'IL Y A 40 ANS...
Comme beaucoup l'ont souligné, l'entrée dans l'ère industrielle, à l'origine de changements de société majeurs dont la sédentarité et l'élévation du niveau de vie ne sont pas les moindres, a conduit un nombre croissant de scientifiques à s'interroger sur l'impact bénéfique de l'activité physique. L'approche épidémiologique méthodique de Ralph PAFFENBARGER (11, 12), s'appuyant sur des études conduites auprès de dockers ou d'anciens étudiants de Harvard observés avec le recul d'une demi-vie, ont à l'époque révélé des données frappantes. Ainsi y a-t-on appris que le risque d'une première attaque cardiaque diminuait de moitié si ces sujets dépensaient 9500 calories par semaine sous forme d'activité physique, sportive ou d'ordre professionnel. En ne considérant que la dépense occasionnée par celle liée au loisir, qui offre la double particularité d'être mieux codifiée et de solliciter l'organisme à la fois en durée et en intensité, le chiffre-clé était alors de 3000 calories par semaine, ce qui pour un joggeur de 70 kg représente pas moins de 45 km de course par semaine. Trois fois moindre que la précédente s'agit-il d'une recommandation minimale plus réaliste? Gardons à l'esprit que même chez les plus sportifs d'entre eux la dépense calorique dûe aux tâches professionnelles dépassait de loin celle qu'on peut mesurer aujourd'hui. Ainsi, chez l'homme-type des pays occidentaux, le métabolisme de repos représente désormais 70% de la dépense énergétique quotidienne totale (contre 5 à 10% pour l'extra-chaleur), le reste correspondant à l'activité physique, qui se résume alors souvent à la marche dans les parkings pour se rendre aux véhicules ou à la séance de tondeuse à gazon du week-end (4). Ces 9500 calories hebdomadaires supplémentaires, en tout cas, ont à une époque fait office de référence. Pour un athlète de 70 km, cette valeur équivaut à 135 km de course à pied... activité que bon nombre de nos concitoyens jugeraient totalement irréalisable et surhumaine. A cet égard, l'évolution des recommandations s'avère très instructive. En 1995, l'American College of Sports Medicine (ACSM), lors d'une réunion de consensus, conseille à ceux qui désirent améliorer leurs performances athlétiques, une activité minimale de 3 à 5 séances par semaine, effectuées en continu à une intensité de 50 à 85% de VO2 Max, et sur une durée de 20 à 60 mn (4). L'une des clefs était que si l'intensité se situait à un niveau élevée, la durée pouvait être réduite. Plus d'un physiologiste et moult entraîneurs collaborant avec l'élite trouveront ces chiffres irréalistes, en particulier en ce qui concerne l'intensité préconisée aux compétiteurs. Par contre, dès lors qu'il s'agissait de promouvoir un état de santé optimal moins d'efforts pouvaient convenir, puisqu'il suffisait d'effectuer 30 mn d'activité par jour, pas forcément en continu, la marche se voyant ainsi conseillée. Dans ce cadre, les chiens et les boulangers peuvent alors jouer un rôle prépondérant pour la santé de notre population. Une étude plus récente, menée à l'instigation du docteur CHAE et poursuivie pendant 12 ans, a évalué les habitudes de plus de 22.000 médecins, afin de mesurer l'impact de l'activité sur leur santé cardio-vasculaire (7). Elle en a tiré la conclusion suivante : "La durée n'a pas un effet majeur, on ne relève aucun bénéfice accru chez ceux qui effectuent un exercice pendant 11 à 24 mn comparativement à ceux qui accomplissent des sessions plus longues. Notre étude suggère, poursuit-elle, que l'accomplissement de sessions d'exercice soutenues de 11 à 24 mn une à deux fois par semaine peut exercer un effet préventif significatif." Même si en faisant du sport plus souvent on accroît le bénéfice, ce travail suggère en tout cas qu'en dépensant 200 calories deux fois par semaine on protège efficacement ses artères. Comparons ces chiffres à ceux avancés par PAFFENBARGER : En l'espace d'une génération, on est passé de 9500 calories par semaine à 400, ce qui correspond à une réduction d'un facteur 20. A ce rythme, nos petits-enfants pourront se contenter de deux fois une mn par semaine! En révisant sans cesse à la baisse les conseils, alors même qu'on se dirige vers une société où chacun pourra consacrer plus de temps aux loisirs, on peut se demander si on va vraiment dans le bon sens. La récente publication de CORDAIN prend radicalement le contre-pied de ce consensus mou...
NOS ANCÊTRES LES NEENDERTHALIENS...
Pour lui, le raisonnement qui prévaut est faussé. En effet, il s'appuie uniquement des observations tirées des salles de sport, des stades ou des laboratoires, mais néglige l'influence majeure de la sélection opérée au cours de l'évolution. Il a donc publié un article examinant la façon dont cette évolution a façonné les potentialités athlétiques de l'Homme. Pour cela, il s'est appuyé sur le meilleur modèle disponible de l'activité de nos ancêtres, bien qu'on le sache imparfait, celui des chasseurs- cueilleurs qu'on a récemment étudiés. Pratiquement tous les écrits médicaux se posant la question de l'entraînement optimal pour un bon état de santé, envisagent celui-ci sous l'angle de la fréquence, de l'intensité, de la durée et du mode d'exercice, se référant à des mécanismes "immédiats" (c'est-à-dire intervenant au bout d'un délai de quelques mois) reliant l'exercice à la santé et à la forme (6). Cependant, si le mode de vie choisi, le développement et la diversité génétique (3) expliquent la grande variabilité des aptitudes physiques, le potentiel humain est génétiquement déterminé. Autrement dit, nos limites sont inscrites dans nos gènes, et ceux-ci sont modelés par l'histoire de notre espèce, à l'échelle de laquelle la civilisation industrielle contemporaine est ridiculement mince. Comme toutes les espèces, nos ancêtres ont développé des aptitudes physiques et des limitations qui lui sont propres, et ce pendant 2 millions d'années, jusqu'à l'apparition de l'agriculture il y a à peine 10 000 ans. Tout au long de cette période, ce furent des "chasseurs- cueilleurs" dont les contraintes physiologiques et environnementales ont modelé et sélectionné notre patrimoine génétique, d'où l'idée de s'intéresser à leur mode de vie dont on sait désormais beaucoup de choses.
Même si, sur le plan anatomique, l'Homme "moderne" est apparu il y a à peu près 100 000 ans, un véritable comportement d'homme "intelligent" ne remonterait, d'après les relevés fossiles, qu'à 50 000 ans. Des comparaisons de l'ADN mitochondrial de divers groupes ethniques indiquent que la constitution génétique de l'homme contemporain a relativement peu changé ces 50 derniers millénaires en dépit des énormes transformations sociales liées à l'agriculture et à l'industrialisation (18, 20). De ce fait, la relation entre la dépense calorique et l'activité motrice est toujours celle qui a été sélectionnée originellement dans cet environnement.
La vie moderne se caractérise par une très nette diminution de notre activité quotidienne, en tout cas nettement en-dessous celle qui était accomplie lorsque le génome humain actuel fut sélectionné. De surcroît, l'exercice physique aujourd'hui, pour la plupart des individus, est devenue une activité séparée des autres tâches de la journée. A l'inverse, à l'époque préhistorique et tout au long de l'Histoire, elle a constitué un aspect intégral, obligatoire de l'existence de nos ancêtres : chasser, cueillir, porter, creuser, échapper aux prédateurs dépendaient exclusivement de la forme et des aptitudes physiques des individus. La survivance jusqu'à nos jours de certaines "niches" ethnologiques, telles que les Inuits du Canada (14), nous offre de précieuses informations sur la façon dont nos ancêtres pré-agricoles se dépensaient, et plus encore sur le niveau d'activité pour lequel notre espèce est génétiquement constituée.
ENCADRE : NOS AMIS LES BIPEDES.
Le passage de l'Homme à la station verticale a eu un profond impact sur les caractéristiques physiques et le potentiel athlétique des descendants des Australopithèques, y compris nous-mêmes. La première espèce qui s'apparente à nous, "Homo habilis", disposait d'un plus gros cerveau et constitua certainement le premier hominidé à fabriquer des engins de pierre. Cette évolution lui a sans doute permis de tirer davantage de nourriture de sa chasse et de ses cueillettes et de là, grâce à cette disponibilité alimentaire accrue, a vraisemblablement joué un rôle majeur dans l'acquisition d'aptitudes cérébrales plus importantes (1). Le statut de bipède a favorisé une meilleure nutrition du cerveau. En effet, lorsqu'il court l'Homme, à l'égal des autres primates, dépense certes deux fois plus d'énergie que les autres mammifères (17) mais à l'inverse, lorsqu'il marche, il se montre bien plus économe que les quadrupèdes, ce qui lui permet d'économiser une précieuse énergie. Or l'évolution vers un cerveau plus développé, et plus actif sur le plan métabolique, nécessite un afflux d'énergie plus important vers ce tissu. D'ailleurs, les humains consacrent 20 à 25% de leur métabolisme de repos à ce seul organe, contre seulement 8% pour les primates non humains et 3 à 4% pour les autres mammifères. Simultanément, les besoins de certains sites anatomiques, tels que le tube digestif, ont décru.
L'ENTREE DANS LA VIE INACTIVE :
Les informations précises recueillies à ce propos nous révèlent que les activités physiques de nos ancêtres, à l'époque du Paléolithique, suivaient un rythme hebdomadaire bien particulier ; les hommes chassaient d'un à quatre jours non consécutifs par semaine, avec des journées de repos intercalées, alors que les femmes s'adonnaient à la cueillette de végétaux tous les 2-3 jours. Là ne s'arrêtaient pas leurs occupations : il leur fallait aussi fabriquer des outils, surveiller les enfants, dont le périmètre de jeu était très important et dont estime que lors de leurs deux premières années ils étaient portés sur pas moins de 1500 km. S'y ajoutait encore la découpe du gibier, la préparation des vêtements, le transport de l'eau, celui du bois pour le feu, et le déplacement des camps. Enfin les danses, qui n'avaient rien de slows langoureux, constituaient la principale activité récréative, plusieurs heures par nuit, plusieurs nuits par semaine, ce qui fera certainement regretter à quelques-uns de ne pas être nés à cette époque! Quoiqu'il en soit, tout ceci représentait une sacrée dépense calorique, qu'on sait relativement bien estimer. A titre d'illustration, on considère que les Occidentaux ont actuellement une dépense énergétique journalière totale qui équivaut simplement au métabolisme de repos des hommes préhistoriques. Cette nette réduction de la dépense explique sans doute l'augmentation de l'adiposité et la perte de masse musculaire associées à la sédentarité actuelle. Pour mieux caractériser cette tendance à l'oisiveté générale, considérez ce qui suit : pour qu'un Américain moyen arrive à approcher la dépense énergétique totale des cueilleurs-chasseurs, il devrait ajouter quotidiennement 17 calories par kg et par jour. Ceci correspond à l'accomplissement de 17 km de course ou de 24 de marche chaque jour.
Pour la première fois dans toute l'Histoire de l'humanité, nous vivons dans une société où ne sommes plus en mesure de nous confronter aux limites ultimes de notre patrimoine génétique, on subit même une sorte de "désadaptation" désastreuse, très voisine de celle rencontrée par les champions au moment de leur retraite sportive. A cet égard, le phénomène "Inuit" nous fournit de précieuses informations. Un groupe de scientifiques a décidé à la fin des années 60, de se livrer, tous les 10 ans pendant 30 ans, à une évaluation systématique des aptitudes physiques d'un groupe à la fois important et représentatif de cette ethnie (14). Trois séries de mesures furent ainsi obtenues, en 1970, puis en 80 et en 90. Entretemps, la civilisation est arrivée à eux, les soumettant à une sédentarisation et à une occidentalisation radicales dont on a pu mesurer les conséquences catastrophiques (voir le tableau). L'arrivée généralisée des motoneiges, du mobilier de cuisine et du chauffage central s'est accompagnée, en l'espace de deux décennies, d'une prise de masse grasse, d'une diminution de la force et d'une chute de VO2 Max. La supériorité qu'ils manifestaient par rapport aux Américains, en 1970, sur le plan physique, est déjà bien moins évidente en 1990, même si un petit écart subsiste encore. On peut penser que le même phénomène ayant touché les populations occidentales avec l'avènement du monde industriel, il est fort possible que les recommandations actuelles, concernant le niveau d'activité physique souhaitable, soit une sorte de consensus mou imposé par l'indolence ambiante. CORDAIN n'hésite en tout cas pas à écrire : "D'un point de vue évolutionniste, c'est le mode de vie sédentaire des pays riches de l'époque contemporaine qui constitue un extrème, pas celui qui a prévalu pour l'Homme depuis nos origines jusqu'à l'ère industrielle." L'essor de sports extrèmes comme le triathlon constituerait alors une sorte de retour aux sources...
TABLEAU : Evolution des aptitudes physiologiques des Inuits entre 1970 et 1990 (14) .
Variables et âge des sujets Hommes
| Puissance maximale aérobie moyenne (ml.mn.kg) | 69/70 | 79/80 | 89/90 |
| 20-29 ans | 58.4 | 53.2 | 51.1 |
| 30-39 ans | 55.5 | 47.6 | 46.0 |
| 40-49 ans | 51.6 | 45.1 | 41.5 |
| 50-59 ans | 41.6 | 38.6 | 35.2 |
| 60-69 ans | 37.9 | 34.7 | 33.9 |
On note que les quadragénaires de 1970 possèdaient, en moyenne, une VO2 Max supérieure à celle mesurée en 1990 chez les représentants de la tranche d'âge 20-29 ans. Chez ces individus colonisés, la diminution de la puissance maximale aérobie liée à ce changement sociologique dépasse de loin la baisse inéluctable imputable à l'âge. Le même constat peut être établi à partir des chiffres relevés chez les femmes (non représentés ici).
UNE AFFAIRE D'ADAPTATION AU NEANT :
On a vu que, si on se réfère aux recommandations de l'ACSM, il suffit d'effectuer 30 mn de marche à 5 km/h afin de rester en bonne santé. Cette activité correspond, pour un individu "standart" de 70 kg, à une dépense de 150 kcal, qui s'ajoutent aux 615 calories dont on considère qu'elles représentent une bonne estimation du coût de l'ensemble des actitivés ménagères et modérées de la journée (4). Ce total représente alors une dépense de l'ordre de 11 kcal/kg.j, ce qui reste bien en-deçà des estimations proposées pour certaines ethnies comme les Ache (20 kcal/kg.j), et sans doute aussi de la dépense journalière de nos ancêtres de l'Âge de Pierre, qui a fortement façonné notre patrimoine héréditaire.
Les chiffres plus élevés proposés par PAFFENBARGER, dans le cadre de ses travaux sur les dockers, font état d'une dépense de 9000 calories par semaine, chiffre englobant l'activité professionnelle et le sport. Pour notre homme de 70 kg, ces données représentent 137 kcal/kg par semaine (25 km de course par jour), ce qui correspond exactement aux chiffres avancés pour les ethnies de chasseurs-cueilleurs (4). Troublant, non?
Un point essentiel, toutefois, distingue le mode d'exercice de nos ancêtres du nôtre : Si on se réfère aux critères modernes d'entraînement, il manque l'efficacité, dans le sens où on l'entend aujourd'hui. L'essentiel du travail fourni par les hommes préhistoriques consistait en effet en un très gros volume d'exercices effectués à faible intensité, pour employer la terminologie en vigueur. Or, on sait bien qu'on ne devient pas forcément mieux adapté à l'effort en se contentant d'exercices à faible allure. On peut donc donc considérer que le bénéfice retiré du sport peut être comparable si on accroît l'intensité des exercices et qu'on y consacre moins de temps (voir l'encadré). On peut également s'attendre à en tirer encore plus de bénéfice si on greffe à ce gros travail de volume des séances plus intensives, même si "l'entraînabilité" des sujets, c'est-à-dire leur aptitude à répondre à l'entraînement par une progression des performances, varie beaucoup d'un sujet à l'autre selon leur patrimoine génétique (3). Les plus "entraînables" auraient ainsi été sélectionnés au cours de l'évolution. La modélisation de l'entraînement, s'appuyant sur cette approche évolutionniste, permet de comprendre que certaines grosses charges d'entraînement administrées aux triathlètes ou aux coureurs de grand fond semble être bien tolérées. Reprenant une étude ayant dressé les caractéristiques de concurrents américains de l'Ironman d'Hawaii, très bien détaillées dans un ancien article (5), nous avons estimé, grâce aux tables d'équivalence d'activité (13), qu'ils dépensaient près de 280 kcal/kg.semaine. Un calcul similaire, mené sur des données tirées d'une publication consacrée à un groupe d'ultramarathoniens, révèle une dépense moyenne, en période d'entraînement, située à 200 kcal/kg.semaine (9). C'est donc plus que pour les chasseurs de mammouths. Avec le recul conféré par une quinzaine d'années d'observations, il ressort que les adeptes des triathlons "longue distance", popularisés par des épreuves comme Nice ou Hawaii ne présentent pas, contrairement à ce qu'on craignait pour eux, de signes de traumatismes ou d'inadaptation à leur activité. Les marqueurs biologiques relevés chez eux laissent même à penser qu'ils sont plutôt bien adaptés à leur régime de forçat (10) et que la mort prochaine qu'on leur prédisait aux premiers temps de cette discipline, n'était pas plus fondée que les craintes énoncées à l'encontre des marathoniennes lorsqu'elles vinrent s'essayer sur les 42 km (10'). Conclusion? Respectez bien les principes de "progressivité", d'"alternance", sachez vous reposer, mais faites autant de sport que vous le voulez : Aucun travail ne vient suggérer qu'une telle débauche d'énergie, tant qu'elle ne s'appuie pas sur l'usage de produits illicites, puisse précipiter votre mort. Beaucoup d'entre nous seront de toute façon fatigués bien avant d'avoir brûlé de cette manière 9500 calories dans la semaine. Et si tel n'est pas le cas, il vous reste encore la possibilité de chasser, de tailler des silex et de passer des nuits entières à danser en cercle. Mais n'oubliez pas de prévenir la police!
LE TIERCE DE LA FORME.
Une étude publiée en 1986, synthétisant les multiples travaux consacrés à l'entraînement (19), a permis de caractériser les impacts respectifs de l'intensité, de la durée, de la fréquence des exercices au cours de la semaine, ainsi que celui du niveau initial du pratiquant. Il a fait appel à un traitement statistique complexe, par lequel on fixait un des paramètres en faisant varier les autres tour à tour. On regardait par exemple, pour une durée de séance donnée, quelle intensité améliorait le plus les performances. On reproduisait la procédure avec la fréquence des sessions d'entraînement. Cette approche a permis de traduire en courbes très parlantes la multitude de chiffres introduits dans cette analyse (voir ci-contre). Il en est ressorti de surcroît des informations aux impacts pratiques énormes. Lesquelles? Les effets les plus nets s'observent lorsqu'on emploie des intensités élevées. Ainsi, un exercice de plus de 35 mn effectué à une intensité intermédiaire produit le même effet qu'une séquence plus intense mais plus brève. Le gain maximal s'observe avec des intensités comprises entre 90 et 100% de VO2 Max. On note aussi que la fréquence constitue le second paramètre significatif, les passages de 3 à 4 séances hebdomadaires, puis de 5 à 6 s'accompagnant des améliorations les plus nettes, à intensité moyenne égale. Le volume, par contre, n'exerce pas d'effet majeur tant qu'il reste dans la moyenne.
Reste à discuter la spécificité de l'activité : Si l'objectif de la pratique se situe au niveau de la compétition, il convient de privilégier la forme d'exercice qui y correspond. Par contre, si on pratique le sport pour rester en bonne santé, tout exercice convient, pourvu qu'on sollicite suffisamment l'organisme. Et à cet égard, les chiffres de l'ACSM représentent vraiment le "minimum syndical".
BIBLIOGRAPHIE :
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(5) : HOLLY R, BARNARD A & Coll (1986) : Med.Sci.Sports Exerc., 18 (1) : 123-7.
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(10) : MARGARITIS I (1998) : IIIème rencontre médicale de triathlon, 6/6/98, Balaruc les Bains.
(10') : NOAKES T (1994) : "Lore of running", Oxford Univ. Press : 804 p.
(11) : PAFFENBARGER R, WING A (1983) : Am.J.Epidemiol., 117 : 245-57.
(12) : PAFFENBARGER R, HYDE R (1984) : Clin.Sports Med., 3 : 297-308.
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(16) : TANAKA H (1994) : Sports Med., 18 (5) : 330-9.
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(18) : VIGILANT L, STONEKING M & Coll (1991) : Science, 253 : 1530-7.
(19) : WENGER H, BELL G (1986) : Sports Med., 3 : 346-56.
(20) : WILSON A, CANN R (1992) : Sci.Am., 266 : 68-73.
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