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Association Européenne de Médecine Esthétique et de Diététique

RESSOURCES HUMAINES

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Mme Brigitte HAVERLAND-METANOMSKI  Professeur - Enseignante en Ressources Humaines
Dr Gérard ARCAS  Hypnothérapie médicale moderne, stress, amaigrissement et cellulite
Docteur Marcel METANOMSKI  Mode et gestion du Poids
Mlle catherine GÖTTE Approche thérapeutique des pathologies de la dépendance




REUSSIR A MAIGRIR EN AYANT LES BONNES CARTES...
dans la tête trouver les motivations


© Madame Brigitte HAVERLAND-METANOMSKI
Professeur - Enseignante en Ressources Humaines

Contrairement à ce que la majorité des patients croient, le succès d'un régime ne vient pas uniquement du régime lui-même. Sur le court terme la méthode X vaut probablement la méthode Y :

Alors pourquoi sur le long terme, tant d'échecs ?

Il est toujours intéressant de laisser parler la personne désirant maigrir pour y déceler à travers la manière dont elle s'exprime des indices sur l'état de son mental. Souvent la personne aux motivations fragiles va s'exprimer de manière négative. Elle va également poser ses propre conditions :

Tous ces indices montrent la fragilité de la motivation; pour être plus sévère nous pourrions dire que cette personne construit déjà la justification de son échec.

Une autre difficulté peut-être souvent observée : Un décalage entre le désir de perdre du poids et l'image que la personne a d'elle même. Il faut, pour se motiver à long terme, arriver à s'imaginer avec 10kgs de moins, changer sa garde-robe et peut-être son style. Facile à dire ! Il peut être difficile (cela se comprend) de faire le deuil de ce que l'on est aujourd'hui pour devenir quelqu'un d'autre.
Le succès d'un régime peut-être provisoire parce que, quand on se regarde dans une glace, on ne se reconnaît pas; mentalement l'image de soi n'est pas construite, alors on reprend son image antérieure.

Il serait intéressant d'apprendre à chaque patient, désirant maigrir et rester mince, a construire des ancrages positifs pour élaborer ses motivations sur du long terme. Il semble inconcevable de ce contenter, comme le font certains ouvrages et certains professionnels de recettes, des menus .Chaque consultation devrait ainsi être l'occasion d'un échange constructif et positif entre le patient et le praticien.

En tout premier lieu on pourrait envisager de sortir de la relation culpabilisante et infantilisante (la plus commune, la plus facile) qui consiste comme à l'école à faire les gros yeux au malade trop gros , à faire des reproches à celui ou à celle qui n'a pas assez maigri , voire qui a regrossi. Cette relation parent-enfant, maître-élève favorise les résultats à court terme , donc l'échec,car il sera très tentant de transgresser l'autorité, de braver l'interdit pour ce prouver qu'on existe. Il est beaucoup plus intéressant mais beaucoup plus difficile de bâtir une relation de partenariat entre le malade et praticien. Pourquoi plus difficile ? Parce qu'il faut apprendre à mettre le patient en valeur, lui faire prendre conscience de son rôle (donc de le sortir de son attitude passive ,assistée ), de sa responsabilité en cas d'échec mais surtout en cas de succès. Le praticien devrait aider son malade à croire en sa réussite, à croire qu'il peut atteindre ses objectifs. Cela demande du temps ,de la patience, et de l'humilité. Peut être le médecin est-il la seule personne à pouvoir jouer ce rôle. Souvent le milieu familial est hostile, moqueur, au mieux indifférent. Si le praticien n'est pas la "personne ressource" qui va l' être ?

Nous n'avons pas la naïveté de croire que là est la clé d'une méthode infaillible. Une personnalité fragilisée ne trouvera pas longtemps l'énergie nécessaire à assumer un tel effort. Souvent les causes d'échec se trouvent dans une analyse beaucoup plus globale: difficultés professionnelles, sentimentales, stress, etc... Néanmoins nous avons pu constater que, pour beaucoup de patients : déculpabiliser, responsabiliser, valoriser, inscrire la motivation dans le long terme donnent des résultats intéressants et encourageants.

Il ne s'agit pas ici de donner des méthodes didactiques. Ces quelques idées découlent de réflexions d'ateliers interactifs et de séminaires entre praticiens et formateurs que nous organisons depuis plusieurs années ainsi que de "dynamiques" de patients.

 

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HYPNOTHERAPIE MEDICALE MODERNE, STRESS, AMAIGRISSEMENT ET CELLULITE


© Docteur Gérard ARCAS
Médecin hypnothérapeute
Diplômé de l'Institut Milton Erickson

NON, JE NE SUIS PAS UN GOUROU PARCEQUE J'AIDE A MAIGRIR ET A GOMMER LA CELLULITE PAR L'AUTO-HYPNOSE MEDICALE.

La notion d'hypnothérapie a tellement évoluée depuis la naissance du terme en 1843 (BRAID) qu'on finit par être tout étonné de redécouvrir une technique ancestrale qui a toujours fait la preuve de son efficacité. Emergeant de l'obscurantisme et de la marginalité, elle voit enfin une reconnaissance (ou au moins un intérêt curieux) de la part des plus cartésiens des scientifiques comme des plus scientifiques des cartésiens. Il est vrai aussi que le discours et la méthode ont bien évolué depuis le temps (pas si lointain) de Charcot.

L'école de la Nouvelle Hypnose (*) permet maintenant de présenter une technique qui, débarrassée de ses artifices ésotériques d'une part (fluide, magnétisme, etc...), et de ses attributs autoritaires et fascinatoires ("dormez je le veux") d'autre part, peut montrer enfin son vrai visage:

Notre technique personnelle, "l'Auto hypnose stratégique et physiomimétique", associe certains leviers utiles de l'hypnose traditionnelle (dont l'efficacité à traversé les siècles) et la subtilité tactique des thérapies anglo saxonnes. En d'autres termes tout part de l'idée que notre mental, sous l'impact du stress (ou d'autres "problèmes" psychologiques conscients ou inconscients) , génère des modifications hormonales et neurobiologiques de notre cerveau végétatif (celui qui s'occupe du fonctionnement automatique de notre corps ) vers nos organes. Il s'ensuit des troubles organiques, des symptômes, des lésions, des maladies ou des comportements apparemment sans cause et sans traitement et pourtant bien réels.
Bien sûr tout cela se passe essentiellement au niveau inconscient. Qui aurait l'audace de penser que le cadre dont le stress professionnel est à l'origine de son ulcère ou cette femme qui a pris 8 Kg au départ de ses enfants l'a fait exprès ! Les troubles prenant leur origine à l'étage inconscient, ("inconscient" étant entendu dans son acceptation Ericksonnienne comme "tout ce qui n'est pas conscient") nous utilisons une technique s'adressant à notre inconscient:
L'hypnothérapie et l'autohypnose
Il ne s'agira donc ni de mobiliser sa volonté (par définition consciente donc inefficace et les échecs du régime seul en témoignent), ni d'attendre les effets d'une psychothérapie analytique (souvent disproportionnée, parfois efficace et toujours longue).

POURQUOI L'HYPNOTHERAPIE ET L'AUTOHYPNOSE FACE A L'EXCES PONDERAL ET LA CELLULITE ?

L'autohypnose, en séances de groupe ou individuelles (5 à 10 séances hebdomadaires ou bimensuelles) donne à l'inconscient les matériaux pour changer ce comportement psycho-hormonal inconscient. On commence toujours par apprendre à se mettre en "fonctionnement auto-hypnotique" en 2 ou 3 séances, et ce, de plus en plus facilement et profondément, sous la direction de l'hypnothérapeute puis sans son aide ( 3 à 4 minutes si l'on est bien entraîné).


AMINCISSEMENT ET GESTION DU SURPOIDS

Dans un deuxième temps l'hypnothérapeute aidera, une fois que le patient s'est placé lui même en fonctionnement hypnotique, à mettre en route un processus inconscient d'amincissement ou de changement de comportement alimentaire (programmation des centres de l'appétit ou de la satiété, appétit ou dégoût pour certaines catégories d'aliments etc...):

Notons qu'il est clair qu'un comportement alimentaire de surpoids est à l'évidence un signal de dysfonctionnement (qui peut être minimal et passager ou réactionnel à une situation sociale ou personnelle difficile) ou plus pathologique. Là encore l'autohypnose s'attache au "comment je fonctionne mal" (et "comment je peux permettre à mon inconscient de remettre de l'ordre dans le désordre qu'il a lui même généré") plutôt qu'au "pourquoi", parfois mieux étudié par la démarche psychanalytique.


CELLULITE ISOLEE, CULOTTE DE CHEVAL, BEDON.

En cas de cellulite isolée, le travail visera à "reprogrammer" l'hypothalamus et le fonctionnement cellulaire pour un métabolisme cellulaire de non stockage ou de libération des graisses emprisonnées. Dans ces cas le patient, en état modifié de conscience (qui n'est ni la veille, ni le sommeil ni le rêve), rentre littéralement à l'intérieur de ses cellules et de son corps pour reprendre les commandes de son organisme: L'idée de base de cette "Auto-hypnose Stratégique et Physiomimétique" est que notre mental inconscient induit des modifications biologiques (neurotransmetteurs) dans notre corps via notre cerveau automatique (hypothalamus). L'autohypnose bien comprise permet le chemin inverse de ces neuro-transmetteurs.
A titre d'exemple, une des stratégies les plus rapides et les plus fiables consistent à apprendre au sujet à permettre mentalement, par le fonctionnement autohypnotique, une augmentation de température localisée sur la zone de cellulite à "faire fondre". La constatation visuelle et tactile (la zone est brûlante et rouge comme après un coup de soleil) conforte la patiente qu'il se passe bien quelque chose de physique sur son corps. Les résultats, en cas de cellulite isolée et de volume modéré, sans excès pondéral, sont rapidement visibles et mesurables. En cas d'amas cellulitiques très importants je préfère conseiller la lipoaspiration quitte à gérer les "finitions "par l'autohypnose.


COMMENT ET POURQUOI CA MARCHE

L'état d'hypnose, selon les conceptions de la Nouvelle Hypnose représente "un état de fonctionnement dans lequel le patient aura la possibilité de se restructurer lui même de façon satisfaisante". L'inconscient est un réservoir de ressources actif qui travaille pour nous en permanence. Il est capable du pire comme du meilleur et de sa gestion dépend notre équilibre conscient et celui de nos organes. Des troubles ou des symptômes apparaissent lorsqu'il y a interférences du mode de fonctionnement conscient dans des domaines ou l'inconscient fait mieux que nous.
Le fonctionnement auto-hypnotique, par la mise entre parenthèse qu'il représente libère certains réseaux d'association psychique délétères de sorte que de nouvelles organisations inconscientes plus adaptées et performantes vont apparaître. Dans la Nouvelle hypnose le thérapeute ne dira pas au patient ce qu'il doit faire comme c'était le cas avec l'hypnose classique. C'est le sujet qui inventera de nouveaux comportements et qui trouvera des solutions grâce à la stimulation de sa créativité (cerveau droit /cerveau gauche). En cas de travail d'amincissement on se contentera de proposer, une fois le fonctionnement auto hypnotique installé (induction hypnotique), des suggestions visuelles, tactiles et olfactives allant dans le sens recherché:

En cas de nécessité il peut être nécessaire de provoquer une autosuggestion de dégoût (voire de nausée) à la vue de certains aliments. Toutes ces modifications de comportements sont de pratique usuelle et facile pour le médecin hypnothérapeute entraîné.


UN PEU DE "PSY"

Mais attention ! Simple directive et brève dans le cas d'une cellulite isolée, l'amaigrissement par l'hypnothérapie s'inscrit dans le cadre d'une bonne intelligence du problème psycho-diététique toujours présent. Hormis les cas particuliers, l'excès pondéral s'inscrit dans un contexte, souvent inconscient, de VIDE INTERIEUR et de symptôme dépressif masqué.
Expliquons nous: C'est parceque l'individu perçoit inconsciemment un manque intérieur dans sa vie à un moment donné‚ qu'il utilise la nourriture (ou l'alcool ou le tabac ...) comme substitut de "remplissage". Ce comportement et cet état de satiété a un effet sédatif et confortant. En fait il se comporte comme un ANESTHESIANT DES SENSATIONS. Mais comme ce "produit de remplissage " ne correspond pas au manque réel (il ne s'agit pas de faim ), la CULPABILITE s'installe bientôt et renvoi au vide intérieur, renforçant à son tour le symptôme dépressif. Le souci d'esthétique ( c'est à dire l'image de soi et celle que nous renvoient les autres: "je suis vu comme trop gros, donc pas séduisant ou pas performant etc...") renforce encore la spirale dépressive larvée.
Et encore, car un malheur n'arrive jamais seul, cette anesthésie des sensations correspond-elle exactement à la perception de ce VIDE INTERIEUR et du symptôme dépressif larvé. La solution devient la cause: Le "remplissage" , dès la digestion terminée, devient sensation de vide (physique et affectif) et ramène à l'envie impérative de manger. Le cercle vicieux est alors auto-entretenu vers l'EXCES PONDERAL et l'obésité (peut-être même peut-on analyser là, au moins en partie car de profonds ressorts psycho-pathologiques sont ici souvent impliqués, un des aspects de la BOULIMIE. Il faut toutefois être très réservé et attentif sur ce diagnostic dont l'approche est réservée aux spécialistes). Si à ce moment intervient de façon isolée la consigne de REGIME hypocalorique, le symptôme s'emballe et s'auto-entretient: La restriction alimentaire imposée entraîne un sentiment aigu, durable et permanent de FRUSTRATION. Cette frustration renvoie exactement à la sensation initiale de VIDE INTERIEUR. Et toute les conditions peuvent être réunies pour que le système fonctionne en BOUCLE et le poids en ACCORDEON.


ON NE STABILISE PAS SON POIDS IDEAL PAR HASARD:

Nous avons mis au point avec le Dr Marcel METANOMSKI un "COncept Global d'Approche du SSURpoids (COGASSUR)" qui, tenant compte de ces réalités, permet une gestion consciente et inconsciente performante du surpoids en quelques semaines: Conserver son poids idéal correspond à ce qu'on appelle un changement de type II (selon les découvertes de l'école de Palo Alto aux USA) et que nous avons adapté ici à ce problème.

Pour résumer, le Changement de type I cherche des solutions à l'intérieur du cadre du problème: "Je grossis parce que je mange trop et mal, donc je vais me priver". Plus le sujet se frustre de sa satisfaction alimentaire (orale ?), plus il augmente son vide intérieur. La suite on la connaît: échec à répétition, régimes et portefeuilles "accordéon".
Si la privation est synonyme pour lui de frustration, et si la frustration est le point de départ du mauvais comportement alimentaire, que va t il se passer ? La solution va devenir la cause et augmenter le problème à l'infini (système de causalité circulaire de Wastlawicz). Or la solution ne peut-être trouvée qu'en dehors du cadre de ce cercle infernal et nécessite inévitablement un intervenant au problème.

Le changement de type II est un changement de comportement, mais aussi de mode de pensée de notre cadre de raisonnement et qui nécessite au moins deux ingrédients:

Supprimant la dynamique inconsciente de ce "vide intérieur", l'autohypnose stratégique débranche ce fonctionnement circulaire et implacable.

Le concept global d'approche du surpoids (COGASSUR), associant stratégie "hypno-mentale" ("comment vais je autoriser mon inconscient à m'aider à réussir) est une synergie parfois vécue comme MAGIQUE. Elle est seulement TECHNIQUE et ATTENTIVE.

RESUME: Le concept de nouvelle Hypnose a permis de mettre au point des techniques pratiques et efficaces de thérapie par l'Auto-hypnose. Ici l'hypnothérapeute offre au demandeur les moyens d'accéder à cet état apparemment magique qu'est l'Etat Modifié de Conscience, état ressource pour gérer les troubles psycho-organiques ou nerveux. Appliquée au problème du SURPOIDS (motivation inconsciente , programmation de mécanismes inconscients pour manger mieux et moins) ou à la CELLULITE (combustion hypnotique des volumes cellulitiques), cette technique apparaît comme la redécouverte scientifiquement codifiée de méthodes utilisées depuis 20 siècles.

MOTS CLES: HYPNOTHERAPIE-AMAIGRISSEMENT-CELLULITE-REGIME-DIETE PROTEIQUE

(*) L'Auto-Hypnose Stratégique et Physiomimétique
S'inscrivant résolument dans le concept de Nouvelle Hypnose (Hypnothérapie sans rapport de force ni prise de pouvoir) l'A.H.S.P. est un levier puissant pour débloquer en quelques séances hebdomadaires (5 à 10) les cercles vicieux psychologiques et les résistances inconscientes ("Aidez moi mais je ne le permettrai pas") qui conduisent parfois chaque régime à l'échec.



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ADAPTATION VESTIMENTAIRE
DANS LA GESTION DU POIDS


© Docteur Marcel METANOMSKI
Esthétique Médicale et Nutrition
Président de l'Association Européenne de Médecine Esthétique et de Diététique

 

Que de fois avez-vous vu des personnes mal habillées parfois sans goût, et en tout cas en complète discordance avec leur aspect général. Certes certains ont un goût inné ... mais cela peut s'apprendre et s'acquérir. Le plus grave est de rencontrer des personnes s'habillant sans comprendre que leur aspect est parfois risible et en tout cas pas du tout adapté à leur profil.

Je sens que vous allez me dire que quand on a dix à vingt kilos de trop, ce n'est plus l'habit qui changera beaucoup de choses !

VOUS AVEZ TOUT FAUX !

Vous pouvez en effet faire dire à vos vêtements tout ce que vous voulez ! Avez-vous remarqué que déjà dans la petite enfance, l'individu émet des avis sur les habits à porter selon les circonstances et selon son humeur. A l'âge des premiers amours, l'habit devient un objet particulièrement important afin de séduire la personne désirée ( les animaux ne se parent-ils pas de leurs plus belles couleurs ? ).

Ah ! comme l'on aime à cette époque fouiller les magasins, les revues, regarder et prendre des idées chez les autres.

Pourquoi ne pas recommencer ? Pourquoi ne pas ressortir de votre armoire les habits que vous portiez il y a quelques années et que vous aviez acheté pour vous plaire et plaire aux autres ? Je sais bien qu'ils ne vous vont plus mais ressortez-les car vous en rêvez de reporter toute cette magnifique garde-robe dont vous parle votre mari ( avec douceur ), vos enfants ( moins en douceur car ils regardent et comparent les autres mamans ... plus minces à l'école ) ! Je le sais que vous en rêvez car sinon vous n'en seriez pas à cette page de ce livre.

 

Allez, faites-vous mal ! Ouvrez vos penderies !

Regardez vos joyaux ! Regardez l'argent qui dort et que vous avez jeté par les fenêtres ! Vous ne rentrerez pas dans ces vêtements ces jours-ci, j'en suis sûr, mais le premier pas est fait : vous avez DEVANT VOUS une partie de vos rêves.

GARDEZ CES REVES DEVANT VOUS !

Le fait de perdre du poids progressivement fera que les vêtements que vous portez aujourd'hui ne vous serviront à rien dans quelques mois aussi faut-il regarder ce que vous allez (re)porter dans quelques mois. Vous manquez de vêtements ( ce qui m'étonne au vue du petit reste de penderie que vous avez laissé à votre mari ) ? Sortez et allez regarder les vitrines ( sans acheter tout de suite ), entourez-vous de revues de mode, regardez les autres femmes ( en étant moins critiques et envieuses ). Pour vous Monsieur, c'est exactement le même schéma par rapport à vos costumes.

 

FAITES VOUS UN PEU MAL !

Peut-être allez-vous me dire que de toute façon vous êtes définitivement trop forte et que le problème de vos vêtements est secondaire : Certes mais je ne vous crois pas et deuxièmement, faites moi confiance, essayez de changer de " look " et donc de tenue : juste essayez ! Trouvez quelque chose de positif dans ces nouveaux vêtements, ces nouvelles couleurs ! Avec quelques kilos de moins, est-ce que cela n'irait pas mieux ?

Le fait d'essayer montre au fond que vous en avez envie, bravo ! Changer de " look " vous fera avoir envie de changer de poids : c'est le début du succès !

CONTINUEZ !

Qu'allez-vous faire de vos vieux vêtements d'aujourd'hui dans quelques mois ? Simple, vous devez vous en séparer aussi donnez les à quelques organismes caritatifs qui en feront le meilleur usage car vous ne devrez JAMAIS ACCEPTER DE REVENIR A LA TAILLE OU VOUS ETES AUJOURD'HUI. Ne conservez pas vos vêtements amples d'aujourd'hui dans vos armoires car sinon vous serez tenté de les reporter si vous reprenez un peu de poids afin d'être plus à l'aise ... un peu comme un parachute, au cas où !!

Vous n'avez pas de retour possible; vous ne pouvez pas échouer car vous n'aurez plus rien pour vous habiller et vous devrez RACHETER l'ensemble de votre garde-robe si vous reprenez du poids. Vous serez parfois un peu serré dans vos vêtements ? Ne dites pas que ce sont vos vêtements qui ont rapetissés; c'est bien vous qui avez repris du poids aussi reperdez-le vite !

VOUS N'AVEZ PLUS LE CHOIX.

CHANGEZ DE " LOOK " !

Vous me direz que c'est de la manipulation; je vous répond OUI sans hésiter mais de toute façon c'est vous qui porterez ces vêtements donc autant choisir des habits qui vous plaisent plutôt que de masquer vos formes dans un " sac jogging " ou dans des vêtements élastiques sans taille précise qui vous permettent uniquement de pratiquer du sport ... devant votre télévision ... et de passer du 38 au 48 sans gêne !

Allez, soyez franc !

Fini les vêtements à élastiques adaptables à votre taille et aux repas que vous faites !

Et que c'est laid ... sauf sur une femme enceinte !

Fini les pantalons non fermés par le bouton de ceinture mais par la ceinture elle-même au dernier cran et
masquée par le pull-over ample.

" Un régime c'est ce que fait une femme pour ne plus avoir la forme que sa robe lui donne "

Sacha GUITRY

 

Les modes évoluent aussi prenez l'habitude de vous adapter intelligemment à la mode, surtout si cette dernière vous avantage ( sinon restez un peu classique ). Du court l'on passe au long, du ceintré l'on passe au ample, des couleurs gaies l'on passe aux couleurs sombres ... alors, que faire quand on ne peut pas se permettre tout ?

 

Le premier grand principe est de rester soi-même !

 

Mais un autre grand principe sera d'apprendre à jouer sur l'ILLUSION OPTIQUE PAR LES LIGNES GEOMETRIQUES.

Voici un exemple : Les deux lignes suivantes ont exactement la même longueur et pourtant la ligne du haut apparaît plus petite.

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>------------------------<

 

Les lignes horizontales accentuent les largeurs car l'oeil les suit d'un côté à l'autre plutôt que de haut en bas. Les lignes horizontales raccourcissent et semblent accentuer les rondeurs. Il en est de même pour les jupes à panneaux larges. Optez pour le "Y" magique : le panneau central de votre robe ne doit pas être plus large que la distance entre les pointes des seins.

A l'inverse les lignes verticales vous donne une image plus grande et élancée. S'il existe plusieurs lignes verticales, il sera nécessaire d'éviter qu'elles ne soient trop éloignées car plus elles sont éloignées et plus elles font paraître grosse et petite.

Les lignes diagonales courtes donnent une impression de largeur tandis qu'une diagonale longue donne un effet moins large car l'oeil est attiré vers le bas tout comme les lignes incurvées.

 

Les motifs seront utilisés avec prudence selon votre silhouette : Un petit motif grossira une femme mince et atténuera les proportions d'une femme corpulente à qui l'on peut conseiller d'éviter le port d'ensembles à larges carreaux.

Autre principe d'illusion : Si la silhouette est encadrée de volumes importants, elle semblera plus petite. Au contraire, si ces items ou accessoires sont petits, la silhouette paraîtra plus volumineuse.

Vous êtes forte ... mettez donc des bijoux épais, de grosses ceintures, de gros noeuds mais attention à ne pas captiver le regard des autres uniquement sur ces items.

 

La qualité des tissus jouera aussi sur l'aspect général de la silhouette; des tissus épais et rugueux ( tweed, lainage, velours ) étoffent le corps tout comme certains tissus rigides. Les tissus luisants ( satin, coton lustré ) réfléchissent la lumière et intensifient les couleurs faisant paraître plus grosse contrairement aux couleurs mates et sombres. A l'évidence il semble aussi plus prudent d'éviter de porter des vêtements moulants et transparents quand on est forte.

N'oubliez pas que votre attitude physique générale jouera pour beaucoup dans le port de vos vêtements ( à bannir : dos rond, allure négligée, ventre sorti ... ); tenez-vous droite, répartissez équitablement votre poids sur vos deux pieds et imaginez qu'un fil vous traverse et vous suspend au plafond, comme une marionnette, épaules relâchées : faites ces essais d'attitude devant un miroir tout en vous souriant et penchez vous sur vos qualités ... et non sur vos défauts.

Prenez conscience de vos proportions ce qui vous permettra de vous habiller en vous mettant en valeur et en corrigeant certaines données. Il existe certains principes à respecter afin d'améliorer votre silhouette en attendant d'obtenir votre poids définitif. Appliquez-les car ce sont de véritables placements sur votre tête, les meilleurs que vous pourrez faire mais souvenez-vous que :

LA MODE EST BELLE QUE DANS LA MESURE OU ELLE VOUS VA BIEN !

 

 

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APPROCHE THÉRAPEUTIQUE
DES PATHOLOGIES DE
LA DÉPENDANCE

Catherine GOTTE

Psychologue Diplômée de la Faculté René Descartes

Psychothérapeute

. Formée au travail de groupe et aux techniques de régression (Rebirth – Gestalt – Bio-Energie Transe).

. Formée en victimologie au jeu de rôle et à l’analyse émotionnelle par le Dr S. Robert-ouvray exerçant depuis huit ans en cabinet libéral et en milieu Hospitalier.

. Spécialisée dans les troubles des conduites alimentaires et toute pathologie de la dépendance.

 

 Mon souci aujourd’hui est de tenter d’exprimer ce que j’ai compris des pathologies de la dépendance dont la boulimie, l’anorexie et l’obésité font partie. A partir de mon expérience clinique, de mon cheminement personnel et de mes réflexions je tenterai au mieux d’expliquer ma manière d’aborder ces troubles dans la thérapie.

J’aborderai dans un premier temps la question des carences et dans un second temps la question de l’abus de pouvoir sur l’enfant quant à leurs conséquences sur le corps et le psychisme et la façon dont cela entrave le développement de la personnalité nécessaire à l’autonomie.

 

la question des carences precoces

Au cœur de la boulimie et de l’anorexie il y a l’enfant mal aimé qui reste caché et qui est en attente d’être entendu. On pourrait dire que cet enfant mal aimé se révèle dans le symptôme sans le savoir.

Dans la façon dont les patients boulimiques et anorexiques traitent leurs corps et dans la façon dont ils le vivent, on peut lire, entendre, comprendre la façon dont l’enfant était traité, investi, ce à quoi il était soumis.

Avec A. Miller on peut considérer que ces troubles trahissent tous les éléments d’une éducation rigoureuse inflexibilité, dictature, système de surveillance, contrôle, incompréhension et manque de sensibilité aux véritables besoins de l’enfant. A cela vient s’ajouter l’abus de tendresse alternant avec le rejet et l’abandon que l’on peut lire à travers les orgies de nourriture et les vomissements. Le rapport que l’on entretient avec son corps est un miroir de la façon dont les adultes qui se sont occupés de l’enfant l’ont investi.

La mésestime de soi, voir la haine et le dégoût pour soi-même que l’on retrouve de façon constante chez les patients souffrant de troubles des conduites alimentaires est lié à la façon dont l’enfant était regardé, touché, entendu, compris. Ces patients ont avec leur corps et leur image le même lien que la mère entretenait avec eux. Autrement dit ils ont en eux une mauvaise mère qu’ils ne cessent de faire revivre dans leur symptôme.

Dans les premiers temps de vie l’immaturité physiologique du bébé ne lui permet pas de vivre sans un autre humain d’où sa totale dépendance. Ce sont les soins prodigués par la mère où son substitut qui vont permettre au bébé de poursuivre son développement physiologique et neurologique. A cette époque le bébé n’est pas différencié de la mère ni de l’entourage, il est comme une éponge qui absorbe tout. C’est donc le parent qui va assurer ce rôle de protection et permettre à l’enfant de ne pas vivre trop de stimulations violentes et d’expérimenter une alternance entre sensations dures et sensations douces. Quand le parent est défaillant dans sa capacité d’empathie (sentir avec) l’enfant ne trouve pas de réconfort et de sécurité suffisante pour éprouver la détente. Il est alors envahi par le mauvais (la tension).

En effet c’est l’alternance entre les sensations dures et les sensations douces qui permet à l’enfant d’accéder à l’ambivalence et de sortir d’un système de pensée en tout ou rien. Le manque de détente et d’apaisement ne permet pas à l’enfant d’intégrer la permanence d’une bonne mère à l’intérieur de lui. Cette question là est fondamentale, puisque de cette intégration dépend la qualité que nous allons entretenir dans le lien à nous-même, au monde et aux autres.

On voit bien que d’emblée le corps et le psychisme sont intimement liés. On pourrait dire que le bébé boit la psyché de sa mère à travers son regard, la tonalité de sa voix la teneur de ses gestes.

Tout ce que le bébé vit, ressent, éprouve a besoin d’être interprété par les paroles de la mère pour lui permettre de mettre du sens sur ce qu’il vit. Sinon c’est le chaos. En effet c’est lorsque le parent met des mots sur le vécu de son enfant, qu’il met du sens sur ses souffrances qu’il crée une enveloppe qui va contenir l’enfant, privé de cela l’enfant se vide sans limite.

Une mère coupée de ses propres sensations aura du mal à interpréter les besoins de son enfant. Coupé de nos propres repères intérieurs que sont nos sensations nous sommes des êtres fonctionnels.

On trouve beaucoup ce type de mère dans les pathologies de la dépendance.

- On donne le biberon ou le sein toutes les trois heures parce qu’il faut.

- On ne le prend pas dans les bras quand il pleure parce qu’il va devenir capricieux ! Les repères de la mère sont externes, faute d’être reliée à son monde interne, le bébé vit alors une inadéquation entre ce qu’il éprouve et ce qui lui est renvoyé de l’extérieur. Ce manque d’adéquation entre besoin du bébé et réponse de la mère va générer pour le bébé plus de tension que de détente. Il va se construire dans un raidissement qui ne lui permettra pas d’affronter la vie, car lorsqu’on est trop tendu on risque de se briser à la première fragilité.

Cette inadéquation va aussi créer un défaut d’enveloppement ; toutes les angoisses de morcellement de vécu d’intrusion, d’angoisse de tomber, d’angoisse d’effondrement prennent source là.

C’est donc de la manière dont l’enfant va être touché, ressenti, porté, soutenu, parlé, nourri que va dépendre la constitution de son enveloppe qui a pour fonction de le protéger à la fois de l’extérieur et de son monde interne. C’est ainsi qu’il va prendre corps, et de là découle son sentiment de sécurité au monde ou non, sa bonne ou sa mauvaise estime de lui même.

Ces patients la plupart du temps ne se sentent pas des personnes, pour se sentir humain il faut avoir été reconnu par un autre. Le bébé vit cette reconnaissance par le contact, la tendresse et les paroles mises sur son vécu émotionnel. Sans cela l’être se vit comme une machine, un objet, certains patients disent qu’ils se sentent un " morceau de viande ". Les conséquences sur le plan psychique sont des difficultés à symboliser, des passages à l’acte et des conduites émotionnelles explosives.

C’est donc de l’adéquation suffisante entre besoin et réponse qu’une plénitude peut s’installer et c’est de cette plénitude que naît le véritable attachement. Celui qui donne la sécurité intérieure, la permanence du bon à l’intérieur de soi. Et c’est de cette sécurité que naît la liberté. Sans ce bon inscrit à l’intérieur de soi on est toujours en quête de cela à l’extérieur.

C’est dans cette interaction manquée de début de vie que la boulimie et l’anorexie viennent s’inscrire, de même toutes les pathologies de la dépendance.

Un enfant qui cherche sans cesse à s’accrocher à sa mère est un enfant qui ne se sent pas relié à elle, il est tout le temps dans le manque et cherche à se coller sans jamais être satisfait comme le toxicomane à sa drogue. C’est le manque qui rend " accro ", la plénitude rend libre.

Dans les pathologies de la dépendance on est d’emblée confronté à cette question de l’archaïque, cette question du lien et de la qualité d’une présence. En tant que thérapeute on doit pouvoir sentir suffisamment ce qui se passe pour son patient. Ceci nécessite de la part du thérapeute une grande écoute de son monde intérieur et une exploration profonde de sa propre histoire, de son propre vécu archaïque.

Dans le transfert c’est tout le vécu archaïque du patient qui se dit, de notre écoute dépend la possibilité que cela devienne conscient pour le patient.

Avant tout pour moi il y a chez chaque patient un enfant en souffrance et en attente d’être vraiment compris, senti, entendu pour poursuivre son chemin. Au-delà de la souffrance du symptôme comme la boulimie, l’anorexie où toute forme de dépendance, il y a la souffrance d’un être qui est perdu. Se sentir morcelé, se sentir comme un objet sans vécu propre toujours soumis à l’autre avoir peur de tout et de toute relation, se sentir coupée de soi et de ses sensations est une forme d’errance plus douloureuse encore que le symptôme lui-même. Etre coupé de soi, c’est être coupé de l’autre et du monde. Ne se sentir ni relié à un autre, ni au monde, se sentir un objet parmi tant d’autres, remplaçable, jetable sans personnalité propre est une souffrance indicible.

La thérapie va permettre de mettre du sens sur ce qui est arrivé, car bien souvent le patient n’a pas conscience de ce qui ne va pas.

Par cette écoute du vécu archaïque les blessures vont émerger, vont se dire et on pourra alors tenter de les soigner, de les apaiser. Mettre du sens sur son vécu est déjà un soulagement, un fil qui fait pas à pas sortir de l’errance, une manière de prendre possession de soi et de s’appartenir. On commence à être autre chose qu’un objet, on peut s’autoriser à penser ce qui est arrivé.

Ce vécu archaïque qui émerge est souvent douloureux, teinté de manque et du vécu émotionnel qui l’accompagne. La haine, les rages et les colères liées à l’attente, à l’indisponibilité de la mère, au fait qu’elle n’est pas là quand ils ont besoin. Ils doivent s’autoriser à vivre toutes ces émotions là sans crainte de la répression.

Pour des enfants qui ont toujours été là pour satisfaire les besoins du parent, s’autoriser à dire ce qu’ils ressentent n’est pas aisé. Souvent ils disent qu’ils n’ont pas le droit de se plaindre, qu’ils ont tout pour être heureux. Ils ont intériorisé le discours parental. Et le seul endroit où ils expriment leur révolte et leurs angoisses c’est dans leur rapport à leur propre corps et à la nourriture. Je suis souvent frappée de la façon dont les patients se soumettent d’emblée à l’autorité que je représente. C’est à moi de leur faire sentir qu’ils ne sont pas là pour me satisfaire. Ils ont le droit d’être en colère, ils ont le droit de ne pas être content. Je crois que ce n’est pas au patient de s’adapter au thérapeute mais au thérapeute de s’adapter à son patient.

Pour ces patients les défaillances sont tellement précoces que tout lien suscite des angoisses archaïques d’abandon, d’insatisfaction, d’intolérable. S’abandonner à quelqu’un quand aucune sécurité n’est inscrite à l’intérieur est réellement dangereux. Dans le lien thérapeutique on va pouvoir travailler toutes ces angoisses, y mettre du sens, des mots qui apaisent, qui calment du contact quand cela est nécessaire. Et c’est tout cela qui va peu à peu tisser l’enveloppe qui leur fait défaut.

Le corps est au premier plan dans mon travail, l’écoute du corps, ce qui cherche à se dire par les douleurs corporelles, j’utilise pour cela la visualisation à partir des douleurs corporelles, le travail émotionnel nécessaire pour dégager certaines tensions. Quand il y a eu beaucoup de manque, beaucoup d’absence et d’attente les vécus de rage sont très intenses et la personne retourne cette violence contre elle-même. Ces vécus émotionnels ont besoin d’être exprimés et analysés pour se symboliser. La question du corps c’est parfois simplement s’allonger s’autoriser à respirer en présence de quelqu’un. Souvent les patients expriment ce besoin simple d’être rassuré par la présence de quelqu’un qui va être là sans rien attendre d’eux, qui sera là juste pour eux et qui respectera enfin leur rythme. De tout ce travail naît la construction d’un rapport intime avec soi-même. Apprendre à repérer ses besoins, son propre rythme est une nécessité quand on a eu un " mauvais " parent. Il s’agit en effet d’apprendre à devenir un bon parent pour soi-même.

Pour cela j’utilise aussi beaucoup le jeu de rôle. Jouer les différentes parties de soi et notamment celle qui ne s’aime pas est une façon de se dégager de la " mauvaise " mère, en en prenant conscience, le jeu de rôle permet des prises de conscience très fortes, c’est en effet très différent de parler de ses parents et de les jouer.

Parce qu’à ce moment là on est dans l’éprouvé, on sait très bien qu’on ne se raconte pas d’histoires quelque chose émerge auquel on ne s’attendait pas. Prendre conscience qu’on a eu de mauvais parents est extrêmement douloureux. Pour n’importe quel être humain sentir qu’on a été mal aimé est intolérable, mais c’est un temps nécessaire pour que quelque chose change. C’est en effet précisément parce qu’on fait tout pour oublier cela que les symptômes surgissent et demeurent.

Par ailleurs prendre conscience que l’on continue à faire le mauvais parent avec soi même est aussi une nécessité pour que quelque chose change dans le rapport que nous avons à nous-mêmes et qui lui peut changer, car si effectivement nous ne pouvons changer le passé, nous pouvons inscrire autre chose dans le présent.

Tout ce travail pour devenir un bon parent pour soi-même nécessite le deuil ou le renoncement aux bons parents qu’on n’a pas eus, car je ne sais si en réalité on peut faire le deuil d’un bon père ou d’une bonne mère ! Ce travail de renoncement nécessite de laisser émerger et de faire toute la place à cet enfant mal aimé qui a besoin pour continuer de grandir d’être pleinement reconnu dans les injustices et les souffrances qu’il a vécus. Ne jamais être entendu dans ses besoins essentiels, ne pas recevoir d’attention et de tendresse suffisante, subir le mépris et l’indifférence sont des violences qui empêchent l’enfant de se construire et dont les conséquences sont graves quant au développement de sa personnalité et sa capacité à devenir un adulte autonome.

A cette époque de sa vie l’enfant est victime de ce qui lui arrive.

Parce que l’enfant est totalement dépendant, se sentir aimé et aimer son parent lui est vital. Aussi il prend en général la faute sur lui " si mon parent me bat c’est que je dois être mauvais ". C’est un mécanisme de défense (identification à l’agresseur) qui permet à l’enfant de protéger son parent et ainsi de continuer à l’aimer. Sans ce mécanisme l’enfant ne pourrait pas survivre. Ce mécanisme reste très prégnant à l’âge adulte, et empêche l’enfant mal aimé de ressurgir.

Le symptôme est une façon de dire qu’on a mal sans dénoncer le mal qu’on nous a fait. C’est au thérapeute parfois de nommer que les choses n’étaient pas à leur place, il devient ainsi le témoin de l’enfant victime qui a besoin d’être reconnu pour prendre conscience. Un patient qui s’éternise dans la plainte est un patient qui cherche à être reconnu dans une souffrance à laquelle il n’a pas trouvé d'issue.

Tant que l’enfant mal aimé demeurera caché, il cherchera à se faire entendre par n’importe quel moyen.

Notre corps est la mémoire vivante de notre histoire et A. Miller de dire : " La vérité de notre enfance est inscrite dans notre corps . Nous pouvons certes la réprimer mais non la changer en aucune façon. Nous pouvons arriver à tromper notre intellect, à manipuler nos sentiments, à rendre confuses nos perceptions et à mystifier notre propre corps avec des médicaments. Mais un jour ou l’autre il nous présente l’addition : car notre corps est incorruptible, il est comme un enfant qui n’a pas encore été abîmé, qui n’accepte aucune échappatoire ni aucun compromis et qui ne cesse de nous tourmenter qu’à partir du moment où nous ne fuyons plus la vérité ".

Dans la thérapie on apprend à écouter son corps, à le prendre comme un guide, un allié plus qu’un ennemi. Souvent les patients cherchent à faire taire leur corps plus qu’à l’écouter, ils veulent en avoir la maîtrise, le contrôle, il faut qu’il soit comme on le souhaite, ce qu’il ressent ne compte pas. Exactement en reflet de la façon dont le bébé, l’enfant n’a pas été pris en compte. C’est aussi parce que ce corps les angoisse et qu’ils se sentent démunis face à ce qu’ils éprouvent et ressentent. Prendre en compte son propre corps, c’est commencer à prendre en compte l’enfant blessé qui est en soi et c’est quelque chose qui s’apprend.

 

 La question de l’abus de pouvoir

Les conséquences de l’abus de pouvoir sur un enfant restent encore aujourd’hui largement ignorées quant à ses risques, quand on mesure dans la clinique combien un enfant soumis à la tyrannie d’un adulte tout puissant reste au fond dépendant et à la merci des manipulations quand il devient adulte.

Il a fallu des siècles pour que la souffrance des enfants puisse être mise à jour. C’est en 1977, dans son livre " Schwarze Pädagogik " (Pédagogie noir) que Katharina Rutschly révèle les conseils donnés par les pédagogues allemands depuis le XVIIème siècle de battre les enfants dès le berceau pour s’assurer leur soumission et corriger leurs mauvaises dispositions.

C’est peut-être le premier livre qui remette en cause la violence éducative des parents. C’est ce qu’Alice Miller reprendra dans son livre " C’est pour ton bien " dénonçant les effets dévastateurs de cette éducation dont nous sommes chacun emprunt. Ce n’est donc que depuis une dizaine d’années que l’on commence à prendre en compte la souffrance de l’enfant malade. Auparavant on estimait que l’enfant ne sent pas la douleur ou qu’il la sent moins que nous, qu’il oublie rapidement, que la douleur forme l’homme, la souffrance anoblit qu’il ne faut pas aller contre la volonté de Dieu. Ce n’est donc qu’au tout dernier siècle qu’on a commencé à prendre conscience, très progressivement des souffrances spécifiques infligées aux enfants et de leur qualité de personne humaine.

Ce n’est que grâce à cette connaissance de l’enfant et de ses besoins fondamentaux que l’on peut éclairer le terme d’abus et ce qu’il recoupe.

Il faut savoir qu’il n’est pas besoin de frapper un enfant pour lui faire violence. On peut détruire complètement un enfant rien que par des mots et par des regards. On peut le détruire par le mépris et l’indifférence.

Quand on crie sur un enfant, quand on le secoue on lui fait violence simplement parce qu’un enfant n’est pas un adulte miniature, qu’il n’a pas les capacités suffisantes pour se distancier et symboliser. Aussi les mots s’inscrivent dans le corps, l’indifférence par exemple est une violence, car un enfant qui y est soumis se sent nié dans son existence propre, il n’existe plus en vrai. Si nous adultes nous pouvons faire face à cela sans nous sentir menacés dans notre existence propre, ce n’est pas le cas pour l’enfant, l’indifférence et le mépris sont très souvent évoqués par les patients qui en portent les marques dans leurs corps et dans leur psychisme. Ils se sentent rien, quand on répète régulièrement à un enfant qu’il est un bon à rien, il le devient où il se sent comme ça à l’intérieur de lui-même.

Quand un adulte exige de son enfant sans ne jamais se préoccuper de ce que l’enfant ressent et éprouve, il oblige l’enfant à renoncer à lui-même, à son monde intérieur, à son ressenti propre. Ceci rend l’enfant suggestible et incapable de se défendre plus tard face aux manipulations. Car lorsque l’on est soumis ainsi de façon répressive l’enfant est brisé dans sa volonté, il doit réprimer ses sentiments véritables, sa créativité, sa révolte. Ce type d’éducation amène l’enfant à intégrer que pour être aimé il faut se conformer. On devient alors " un petit soldat " qui obéit ou qui se révolte, mais en réalité il n’y a pas de construction de l’autonomie. Car pour être autonome il y a nécessité d’avoir été reconnu dans ses besoins fondamentaux, dans ses émotions, dans sa singularité. Un adulte qui exige ainsi de son enfant ne lui permet pas de construction intérieure et le prédispose à être totalement manipulable et dépendant faute de pouvoir se situer par rapport à lui-même.

De la même façon un enfant à qui on ne donne aucune limite est un enfant en souffrance qui ne peut pas non plus se construire. Les limites quand elles sont posées sans violence et avec des explications sécurisent l’enfant et lui permettent de se confronter au manque et à la frustration.

Un des abus que l’on retrouve de façon majeure chez tous ces patients c’est le chantage affectif. Quand on dit à un enfant " mange des carottes sinon je ne t’aime plus " ou bien encore " si tu ne fais pas cela c’est que tu ne m’aimes pas " on est dans la manipulation et on fait sentir à l’enfant que l’amour dont il a besoin non seulement est lié au fait qu’il donne ce que l’autre veut de lui et qu’il peut être retiré ce qui est tout simplement terrorisant pour un enfant. Très tôt il apprend et sent qu’il n’est pas aimé pour ce qu’il est mais pour ce qu’il fait ou ne fait pas. Et surtout cela rend l’enfant complètement dépendant. Pour pouvoir grandir et se construire un enfant a besoin de s’opposer, de ne pas être d’accord, de pouvoir dire ce qu’il ressent sans sentir qu’il est menacé de perdre le lien à l’autre.

Dans le travail que je propose c’est de tout cela dont il est question, les patients ont besoin de sentir et de prendre conscience de comment ils se sont construits dans le lien à l’autre. Ils ont besoin de mesurer leur degré de soumission, comme leur degré de révolte pour pouvoir changer. La soumission et la révolte sont deux pôles qui se tiennent ensemble, c’est une réaction contre ou pour mais ce n’est pas une autonomie. L’alternative c’est d’arriver à se positionner par rapport à ce qu’on ressent soi.

Pour cela j’utilise le jeu de rôle, à partir de difficultés relationnelles qu’ils vivent dans le présent. La mise en scène des situations permet des prises de conscience très fortes sur ce qui se joue dans les relations, le pouvoir que l’on donne à l’autre, le pouvoir qu’ on cherche à avoir sur l’autre, les manipulations qui sont exercées à l’insu du patient ou que lui même exerce. Ils découvrent comment ils se font manipuler, et par rapport à quelle blessure, quel besoin. Ce travail de jeu de rôle permet aussi de travailler sur les croyances qui nous habitent, fruit des conditionnements de l’enfance. Qui ne connaît pas cette phrase " avec tout ce qu’on a fait pour toi… on a tout sacrifié ". Un parent qui se sacrifie enferme son enfant, l’enfant a besoin de voir son parent épanoui et profitant de la vie pour s’autoriser à vivre lui-même. Sinon l’enfant prend en charge la souffrance de son parent.

L’éducation foisonne d’exemples de manipulation affective qui aliène les êtres en les coupant d’eux-mêmes. Les croyances que je retrouve la plupart du temps.

- Quand on aime il faut tout donner, voir même se sacrifier, que lorsque l’autre souffre il faut forcément le réparer etc…Toutes ces manières d’être dans la relation sont liées à ce qu’on leur demandait d’être enfant, et ils sont comme dépossédés d’eux-mêmes, dépendant totalement du désir et du regard de l’autre. Le lien à l’autre est plutôt source d’angoisse que d’apaisement, au moins avec la nourriture on fait ce qu’on veut ! Dans cette logique de relation on est toujours dans un rapport de force. Tout le travail vise à, pas à pas, reprendre possession de soi, de ce qu’on pense, vit, et éprouve. Quand depuis l’enfance on a été soumis à l’abus de pouvoir au départ on ne sait même plus ce qu’on sent et ce qu’on pense. Et puis c’est trop dangereux d’être soi-même face à l’autre car il y a toujours le risque de le perdre qui plane comme un couperet.

C’est dans le lien au thérapeute qu’ils vont pouvoir faire l’expérience que le pouvoir n’est pas forcément lié à l’abus, qu’ils ont le droit de ne pas être d’accord avec moi, qu’ils peuvent le dire sans se sentir menacés d’une perte. Souvent ces patients vivent le cadre de la thérapie comme un abus de pouvoir, il faut travailler avec eux sur ce que ça leur fait vivre sur la nécessité d’avoir des limites et d’intégrer un certain nombre d’interdits. Pour leur permettre d’intégrer cela il faut aussi pouvoir entendre ce qu’ils ont à nous dire, ce qui nécessite une certaine souplesse à l’intérieur de ce cadre, sinon ils se soumettent au thérapeute comme ils se soumettaient aux parents et le travail en profondeur ne se fait pas.

Ce qu’on retrouve beaucoup chez les patients boulimiques anorexiques c’est cette impossibilité à dire non. Une des manières qu’ils ont de le dire sans le dire c’est d’arrêter brutalement, il y a à ce moment là quelque chose de trop difficile à gérer émotionnellement, rompre le lien est encore le plus sûr moyen de ne pas se sentir rejeter et de garder un certain contrôle " c’est moi qui part, c’est moi qui décide ". Alors qu’il s’agirait de pouvoir se positionner dans une différence avec ce qu’ils ressentent et éprouvent. Le lien pour ces patients au départ est toujours un rapport de force, avec la crainte qu’on cherche à prendre du pouvoir sur eux et en même temps une demande qu’on leur dise ce qu’il faut faire. On doit les amener à trouver les réponses en eux-mêmes pour sortir de la dépendance. Le cadre (rythme, paiement, horaire, engagement) de la thérapie est un outil pour travailler toutes ces questions d’abus de pouvoir.

Ce que j’ai pu constater dans la clinique c’est que lorsqu’on permet au patient de vivre et de dire ce qu’il éprouve face à ce cadre et ses obligations, et qu’on ne se contente pas d’être dans une position toute puissante qui sous tendrait cette phrase " c’est comme ça tu n’as rien à dire ", ils peuvent alors vivre le cadre thérapeutique et les obligations qu’il sous-tend différemment. Et puis une partie du travail vise aussi à explorer la partie tyrannique de soi-même, celle qui exige, celle qui veut tout, celle qui impose, celle qui est violente, celle qui est comme le parent tout puissant. Quand on a été soumis à de tels systèmes relationnels on a forcément en soi de la violence et c’est sûrement la partie la plus difficile à conscientiser et à exprimer. A force de réprimer sa violence ou la retourner contre soi et l’autodestruction demeure.

 

Pour finir cet article j’aimerais souligner un point qui me pousse à beaucoup tenir compte du corps.

Dans ma pratique j’ai pu constater que le degré de souffrance oblige en quelque sorte à se couper de soi-même, à se couper du corps car c’est dans et par le corps que l’on souffre. Pour cela il y a un phénomène d’auto-hypnose, mécanisme de défense contre la souffrance où le patient est comme clivé, toute une partie de lui anesthésiée, c’est l’enfant qui prend des coups qu’ils soient physiques ou psychiques et qui dit " même pas mal ". Tenir compte du corps, c’est tenter d’unifier ces deux parties, c’est permettre aux patients de prendre corps et de s’humaniser, c’est les accompagner à travers cette souffrance à prendre possession d’eux-mêmes dans la globalité de leur être. Car notre être au monde passe par l’incarnation, et notre corps est le guide le plus fiable et le plus précieux. Dans le domaine intellectuel on est tout puissant, dans le domaine du corps on est obligé de se confronter aux limites, aux manques, aux besoins, à notre humanité en somme.

En conclusion nous pouvons dire que pour sortir de la dépendance il faut arriver à reprendre possession de soi. Pour cela j’utilise plusieurs axes qui sont, en dehors du lien thérapeutique et du transfert :

Le corps pour mettre du sens sur les douleurs corporelles quand elles surgissent, apprendre à gérer les angoisses, à vivre et à gérer ses émotions. Apprendre aussi à repérer ses besoins et ses rythmes. Faire de son corps un allié plus qu’un ennemi.

Le jeu de rôle pour travailler sur les relations, sortir du rapport de force, oser la confrontation et le positionnement. Repérer les jeux de pouvoir et les manipulations. Pour la prise de conscience des croyances qui nous habitent et ce que nous portons de notre histoire passée. Prise de conscience aussi de nos attachements à nos premiers objets d’amour et des deuils ou renoncements nécessaires à notre autonomie.

 

Tout ce travail vise à construire l’estime de soi, à prendre pouvoir sur soi-même et sur sa vie. Le but étant de découvrir son être profond, celui ou celle que nous sommes en dehors de ce qu’on a voulu que nous soyons. C’est aussi découvrir nos propres capacités d’auto-guérison.

La pathologie est à mon sens le signe d’un éloignement de notre nature profonde. Plus cet éloignement est grand et plus la souffrance est prégnante. Ce travail est aussi pour moi un chemin de conscience sur la façon dont la violence se perpétue sur nous-même et sur l’autre à notre insu. Ce cycle de répétition qui entrave notre liberté, nous avons le pouvoir de le briser et de transformer nos vies.

  

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